le direct Musique sacrée

Claude Goasguen : « les mairies d’arrondissement sont vides de pouvoir »

C’est l’un des phénomènes de ces élections législatives à Paris qui a sauvé l’honneur des Républicains. Claude Goasguen a été réélu député dimanche dernier. Devancé au premier tour, il l’a emporté au second devant le candidat En Marche malgré la forte abstention. Il était ce matin l’invité de Louis Daufresne dans Le Grand témoin.

« J’ai essayé de remobiliser les électeurs qui s’étaient abstenus [au premier tour] et qui étaient essentiellement les miens ». Formé à la politique de terrain par Jacques Chirac, Claude Goasguen n’a pas hésité à enfiler une bonne paire de chaussures pour reconquérir son électorat affaibli par la campagne présidentielle… et persuadé que son candidat passerait au premier tour. « Beaucoup de gens partaient à la campagne, il faisait beau, on ne pouvait pas leur en vouloir ». Indéboulonnable, le député-maire l’a finalement emporté avec  54,4% des voix, contre 47,5% pour son adversaire Valérie Bougault-Delage.

Philippe Goujon n’a pas eu cette chance… « Voilà un homme qui se défonce pour le XVe arrondissement ». Une raclée « terrible » et « scandaleuse » pour Claude Goasguen. « Cela m’a rendu songeur sur le peu de reconnaissance que le travail de terrain quotidien pouvait représenter pour certains des électeurs qui avaient envie de foutre tout ça parterre et qui n’ont pas fait dans la dentelle ». 

Maire ou député, il faut choisir

« Les mairies d’arrondissement sont vides de pouvoir. Elles n’ont pratiquement pas d’existence : je n’ai pas de budget, je n’ai pas de compétence en matière de propreté… » déclare t-il. Pour défendre son arrondissement, Claude Goasguen doit donc troquer son écharpe de maire contre le siège de député afin de faire entendre sa voix. Il condamne vivement la politique menée par Anne Hidalgo, maire de Paris, qui ne permet aucune initiative puisqu’aucun budget : « Elle nous a enlevé tous les pouvoirs ». Il la met en garde en lui suggérant que « la gestion d’une ville ne doit pas se faire droite-gauche », comme l’ont rappelé les résultats des législatives à Paris.

« Cette campagne a été un cauchemar »

« Je ne sais pas ce que c’est, En Marche ». Un mouvement spontané né d’une conjoncture politique difficile, marqué par la campagne ratée de François Fillon… en outre, le parti d’Emmanuel Macron ne séduit pas vraiment le député-maire Républicain. « Le pays est quand même très agité, il y a des manifestations spontanées ; un Français sur deux au premier tour a voté pour madame Le Pen et monsieur Mélenchon ». Par ce vote « anti constitutions politiques », ces Français seraient donc prêts à descendre dans la rue. Pour Claude Goasguen, la réponse de En Marche consistait simplement à dire « Macron va tout faire ». Une réponse légère dans une situation dangereuse.

Claude Goasguen revient aussi sur les propos d’Henri Guaino à qui il avait suggéré de ne pas se représenter. « Là, il a craqué » … Fervent défenseur de la Manif pour Tous, Henri Guaino a cru pouvoir soulever cet électorat dans le VIIe arrondissement. Il aurait pu y avoir un soulèvement logique contre la gauche et La République en Marche, mais « Fillon a cassé le joujou ». 

 Reconstruire une pensée politique

Les valeurs sont fondamentales en politique, mais elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Claude Goasguen prend l’exemple de la famille, définie et défendue sous toutes les coutures. Il entreprend ensuite un lien avec le droit de propriété qui est aujourd’hui « parfaitement taillée en pièces par les impôts et les mesures successives ». Mais la propriété, c’est la possibilité de succession. La famille est un espace social qui pour Claude Goasguen est indestructible et nécessaire dans une société mondialisée, « bouffée par l’information ». C’est un combat de député. Un, parmi tant d’autres…