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Le pape a reçu la Conférence épiscopale vénézuélienne

Le pape François recevait ce matin la présidence de la Conférence épiscopale vénézuélienne. Cette rencontre intervient alors que la contestation populaire se poursuit dans le pays. Après plus de deux mois de manifestations, les évêques souhaitent agir pour sortir le Venezuela de cette profonde crise.

Le Venezuela fait face à une crise économique et sociale d’envergure depuis plusieurs mois. La pénurie d’aliments et de médicaments s’accroît et plonge le pays dans de violentes contestations. Les principaux responsables de l’épiscopat vénézuélien ont donc choisi de passer à l’offensive ce jeudi matin.

« Oui, l’Eglise peut agir. Il n’est pas impossible qu’elle permette une désescalade du conflit et des tensions, parce qu’elle est incontestée et que le poids de la religion est absolument incontournable au Venezuela », explique Jean-Baptiste Guégan, enseignant en géopolitique et auteur de Comprendre les migrations aux éditions Bréal.

Le 30 avril dernier, le pape François s’était dit prêt à intervenir comme facilitateur ; il avait appelé à mettre fin aux violences au Venezuela et à trouver « des solutions négociées » à une crise « qui épuise la population ».

Un appel resté sans réponse

Le pape François avait pourtant reçu à deux reprises le président Nicolas Maduro au Vatican en 2013 et en 2016. Le dossier est suivi de près également par le cardinal Parolin, le Secrétaire d’État du Saint-Siège, auparavant nonce à Caracas de 2009 à 2013.

Le président Nicolas Maduro veut désormais convoquer une Assemblée constituante afin de dissoudre le Parlement contrôlé par l’opposition. « Il ne faut pas réformer la Constitution, mais l’appliquer », dénonçaient les évêques il y a un mois. Réunis en assemblée plénière, ils faisaient part de leur tristesse devant la violence, la violation des droits humains et la souffrance du peuple vénézuélien.

« Je vous assure, écrivait le pape à ce propos, que je suis avec grande préoccupation la situation du bien-aimé peuple vénézuélien », avec « une profonde douleur pour les affrontements et la violence de ces jours-ci, qui ont été la cause de nombreux morts et blessés, et qui n’aident pas à résoudre les problèmes mais provoquent seulement davantage de souffrance et de douleur ».

À cette crise constitutionnelle s’ajoute une crise économique, avec une inflation devenue incontrôlable, et des manifestations dont la répression a fait près de 70 morts.