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Alep : l’Eglise au coeur de la reconstruction

Famille Chrétienne publie cette semaine un reportage inédit, « Le Martyre d’Alep : l’Eglise au service de la reconstruction ». Le directeur de la rédaction, Antoine-Marie Izoard, s’est rendu sur place il y a tout juste deux semaines. Il était ce matin au micro de Louis Daufresne dans Le Grand Témoin.

« Il fallait aller voir les chrétiens d’Alep ». 6 mois après la libération de la ville syrienne, Antoine-Marie Izoard se promène dans les décombres. « Cette citadelle était le lieu de voyages touristiques extraordinaires, désormais il n’y a plus rien, c’est entièrement détruit ». Derrière ces mots, le symbole d’une ville martyre. « A 200 mètres de la paroisse où j’étais, 6 mois plus tôt il y avait la ligne de front avec les militaires, les chars… », une perspective apocalyptique désormais rattrapée par tout ce qui incarne l’espérance. « Le rôle des chrétiens là-bas est pleinement celui que j’ai constaté, celui de prendre une part active à la reconstruction » .

Antoine-marie-Izoard-e1497428215554-768x1021Cette reconstruction commence par l’annonce de l’Evangile. Alep renaît donc de ses cendres matérielles et spirituelles. La vie reprend ses droits dans une société toutefois déséquilibrée. Sur place, il ne reste quasiment que des femmes, des vieux, des enfants et des pauvres… Certains hommes sont morts au combat, d’autres se sont exilés. Mais ceux que l’on nomme « les Chrétiens d’Orient » veulent continuer à vivre « comme Chrétiens en Syrie ».

« Les chrétiens disent et redisent : nous n’avons jamais eu un seul problème avec les musulmans, nous vivions en paix [du temps de Bachar al Assad]. Ceux qui nous veulent du mal sont des fanatiques et ils ne sont pas syriens ». 40 000 chrétiens vivent aujourd’hui à Alep-Ouest, sur les 250 000 que comptait la ville avant la guerre. « Ils ne vivent pas dans un sentiment de risque, ils ont souffert comme syriens au milieu des syriens, pas comme chrétiens ». Quand on leur demande s’ils craignent le même sort que les coptes d’Egypte, ces derniers déclinent.

Le vote catholique en France

Concernant l’actualité politique française, Antoine-Marie Izoard regrette que l’on puisse médiatiquement conjuguer l’identité religieuse à la politique. « Je ne suis pas favorable à l’idée du vote catholique » dit-il. Mais de quels catholiques parle-t-on dans les sondages ?

Chez Famille Chrétienne, on ne donne pas de consigne de vote. La vocation est à la formation et à l’information. Antoine-Marie Izoard confie tout de même son inquiétude vis à vis de la politique d’Emmanuel Macron : « Je pense qu’on va dans le mur et qu’il ne fait qu’achever un processus qui dure depuis des années et qu’il le continue avec un autre mouvement, un autre nom, une autre couleur… ».