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Lénine, le tsar rouge

Le 7 novembre 1917, la révolution bolchevique renversait le tsarisme et Nicolas II. A l’occasion de ce centenaire, Luc Mary, historien, était le Grand Témoin de Louis Daufresne.

“Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de « liberté », réelle et véritable.” Lénine exécrait les bourgeois, « il a provoqué un génocide de classe (…) et c’est à l’université de St Petersbourg que cette ulcération va commencer à prendre forme » explique Luc Mary, « c’est dix millions de morts pour Lénine, il a inventé la police politique, les goulags, il a amené à la destruction du clergé ». Si le communisme naît sous la plume de Karl Marx, les « sbires » de Vladimir Ilitch Oulianov, de son nom complet, prennent en exemple la Révolution Française de 1789, « d’ailleurs lorsque Lénine rentre à Petrograd après son exil suisse, la Marseillaise sera entonné sur le quai de la gare d’arrivée de son train blindé » raconte l’historien. Issu d’une famille aisée, « une famille qui a toujours honoré le tsar », le frère de Lénine sera pendu 1887 pour complot contre le tsar Alexandre III. La famille Oulianov deviennent alors des parias de la société, « sa mère a été demander une grâce au tsar mais ça n’a rien changé ».

« La Russie, c’est 85 % de paysans et onze fuseaux horaires, je vous parle de la Russie évidemment de 1917, il n’est donc pas facile de mettre en place une révolution ». Le Tsar rouge, comme on l’a surnommé plus tard, pensera d’ailleurs à lever sa révolution en Allemagne, car plus d’ouvriers, « les paysans ne voulaient pas de ces idées, ces fermes communes, et la Russie était bien plus industrialisée que l’Allemagne, Lénine voulait faire grossir la masse ouvrière en modernisant le pays et pensait d’ailleurs qu’il ne verrait jamais une révolution de son vivant » explique Luc Mary.

« Du pain, du travail » c’est à ce slogan que les femmes vont descendre dans la rue pour la journée de la femme et le manque de nourriture, les rations étant envoyées au front, elles seront rejointes par des ouvriers de l’usine d’armement, au chômage technique. « Nicolas II est alors absolument inconscient, il est persuadé d’être une icône sacrée auprès de son peuple. Il pensait venir à bout des soubresauts révolutionnaires. » Le Tsar fait ouvrir le feu sur la foule et refuse de négocier quoique ce soit. Une partie de l’armée de Petrograd finira par rejoindre et faire grossir les rangs des manifestants.

En mars 1917, un soviet va être constituer et un gouvernement provisoire également, deux pouvoirs s’opposent. Nicolas II finira par abdiquer. « Pendant 8 mois, il y a ce double pouvoir, les bolcheviques tentent de prendre le pouvoir mais Lénine juge que c’est trop rapide. Puis après les forces tsaristes vont tenter de reprendre le pouvoir mais c’est un échec. Lénine finit par  revenir et demande à ce que l’insurrection éclate, déguisé en homme d’Eglise ». Un comble pour cet homme qui considérait que l’Eglise empêchait le progrès social.

Affaibli par une tentative d’assassinat, il deviendra peu à peu aphasique, « à la fin de sa vie, il ne pouvait presque plus parlé, Staline en a d’ailleurs profité.  Son idéal c’était la société égalitaire, où tout le monde aurait eu le droit au même bien. Mais il n’aimait pas les gens. Pour moi, c’est juste de l’opportunisme, il ne croyait pas au communisme, il aimait le pouvoir » conclut Luc Mary.