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Les vérités 2017 – Les chrétiens d’Égypte fêtent le Noël dans l’inquiétude et les chrétiens du Pakistan dans la peur. Le fanatisme musulman s’étend

 Le 11 décembre, au Caire, un attentat suicide d’EI visait l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, non loin de la cathédrale Saint-Marc. L’attaque, avec 28 morts, a provoqué une profonde inquiétude au sein de la minorité copte, la plus grosse communauté chrétienne d’Orient : 10% des 92 millions d’Égyptiens.

Pour leur Noël  du 7 janvier, leurs craintes sont  ravivées : « personne ne sent la joie de la fête, a confié une mère de famille. Incapable d’oublier les images de l’attentat, elle angoisse chaque fois que l’un de ses enfants quitte son domicile. Elle a demandé à ses deux filles de cacher la croix qu’elles portent au cou, pour « ne pas s’exposer à des agressions éventuelles.

Les Coptes ont subi de nombreuses attaques : la nuit du jour l’An de 2011, on  a tué 21 d’entre eux dans une église d’Alexandrie. En août 2013, des partisans de l’ancien président renversé par l’armée, l’islamiste Mohamed Morsi, avaient incendié des dizaines d’églises et de propriétés coptes après la répression policière qui a coûté la vie à des centaines de manifestants islamistes au Caire.

« L’ambiance est mauvaise cette année », déplore Marina, qui prie pour que «rien ne vienne gâcher Noël ». Les coptes sentent qu’ils ont un défi à relever depuis l’attentat. Le nombre de fidèles a augmenté, et celui des offices religieux aussi». Adel Ishak, un comptable de 30 ans, connaissait trois des victimes de l’attentat de décembre: « À chaque fois, j’ai peur d’être la prochaine victime, mais en fin de compte, j’arrive à vaincre ce sentiment et je me rends à l’église ».

La situation est pire au Pakistan : la minorité chrétienne est à nouveau prise pour cible. Comportant environ trois millions de personnes, soit 2 % de la population, la minorité chrétienne est la cible d’attentats et souffre de persécutions..

Huit personnes ont été tuées et une trentaine d’autres blessées le  17 décembre, lors d’une attaque suicide commise par deux terroristes contre une église méthodiste de Quetta, capitale de la province du Balouchistan, à l’ouest du Pakistan.

Peuplé majoritairement de musulmans sunnites (85 % des 200 millions d’habitants), le Pakistan fait partie des neuf pays considérés par l’ONG évangélique « Portes Ouvertes » comme étant ceux d’« extrême persécution ». Selon l’Index mondial de la persécution des chrétiens, publié chaque année par cette ONG, le Pakistan, pour 2015, figure à la sixième place, « son plus haut rang jamais atteint, car la violence y est comparable à celle du Nigeria ».

De fait, à cause de la radicalisation islamiste, les meurtres de chrétiens ainsi que les destructions d’églises ont sensiblement augmenté ces dernières années.

« Nos frères chrétiens versent leur sang seulement parce qu’ils sont chrétiens », avait déclaré le pape en mars 2015 après les attaques de Lahore qui avaient fait descendre des milliers de personnes dans les rues de la ville pour protester contre ces violences antichrétiennes. Toujours à Lahore, le dimanche de Pâques de 2016, un nouvel attentat faisait plus de 70 morts.

La minorité chrétienne du Pakistan (un peu moins de 2 %) est aussi victime de nombreuses violences. Certes, les chrétiens ne sont pas les seuls persécutés dans le pays. De 1986 à 2009, au moins 964 personnes ont été inculpées pour blasphème, dont 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 Ahmadis, 14 hindous et 10 membres d’autres religions.  Mais tandis qu’un musulman accusé de blasphème n’a affaire qu’à la justice, un chrétien accusé fait l’objet de violences de la part de musulmans : violences pouvant aller jusqu’au meurtre. Parfois, lorsqu’un chrétien est accusé de blasphème, des musulmans s’en prennent à son village et à ses voisins chrétiens.

Des chrétiens sont également assassinés pour leur seule appartenance religieuse. Ainsi, le 14 avril 2015, Nauman Masih, chrétien de 14 ans, après avoir été pris à partie par de jeunes musulmans qui se rendaient dans une mosquée à Lahore, a été arrosé d’essence et brûlé vif dans la rue.

D’ailleurs, au Penjab, les chrétiens sont surnommés « choori », un terme insultant désignant « celui dont le travail est de nettoyer les toilettes ».

Aucun changement des mentalités ne semble possible. Shahbaz Bhatti, ministre catholique des minorités religieuses ayant défendu l’amendement de la législation anti-blasphème et avait pris fait et cause pour Asia Bibi, a été assassiné en 2011 par des Talibans. À l’époque, il était le seul député chrétien du parlement.

Le fanatisme islamique s’étend : nous devons faire face.

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