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Egypte : un terrorisme sans précédent. Ses conséquences nationales et internationales

L’Égypte a déclaré trois jours de deuil national après l’attentat dans une mosquée du Sinaï qui a fait 305 morts dont 27 enfants et 128 blessés. C’est l’attentat le plus meurtrier qu’ait connu le pays commis par l’Etat islamique (EI). Une trentaine de terroristes ont entouré la mosquée avec des véhicules tout-terrain, ont fait exploser une bombe devant l’entrée, puis tiré sur les fidèles qui s’enfuyaient.

  L’aviation gouvernementale estime avoir détruit les sites salafistes et les véhicules incriminés dans l’attentat. Le fanatisme meurtrier d’agresseurs massacrant des croyants musulmans est un acte monstrueux, mais ce fanatisme apparaît sans limite lorsqu’il préconise la destruction des trois pyramides de Gizeh, considérées comme païennes !

   Malgré son armée impressionnante, ses milliers de chars, son aviation, le milliard de dollars versé par les Etats Unis, l’Egypte ne parvient pas à pacifier le Sinaï. Pour quelles raisons ? Elles paraissent doubles.

– L’armée n’est pas conçue pour lutter contre la guérilla menée par Daech  et un Etat Islamique fanatisé, n’hésitant plus à s’attaquer à des musulmans considérés comme trop pacifiques.

– Le pays souffre d’une crise économique et sociale qui paralyse la société égyptienne. Certes elle bénéficie sur le papier de trois atouts, le canal de Suez, un important champ de gaz off-shore et son tourisme, mais les handicaps sociologiques rendent le pays très fragile.

Le plus important reste sa démographie galopante et ses conséquences : le pays compte aujourd’hui 94 millions d’habitants vivant sur 57 000 km2, (le dixième de la France), dont vingt millions au Caire. Tous les clignotants sont au rouge : tourisme arrêté, inflation (20%), déficit budgétaire (10%), dette (100% du PIB), chômage massif, pauvreté générale, etc…

   Certes, l’Egypte reçoit des aides de l’Arabie saoudite, de Washington et du FMI, mais ces aides ne permettent pas de ramener la situation socio-économique  à un niveau supportable.

Rappelons que la gouvernance actuelle du pays est issue des printemps arabes que les Occidentaux voyaient comme la naissance de régimes démocratiques. En réalité ce furent soit le retour à des dictatures  comme en Egypte, soit des guerres comme en Lybie et en Syrie, soit des radicalismes islamiques comme au Pakistan, soit des extrémismes type Daech ou Etat islamique.

L’attentat du Sinaï est une alerte pour l’Egypte : que fera le peuple si la crise économique actuelle se perpétue ou même s’accentue ? Pour l’extrémisme islamique, la haine de l’Occident constitue un levier révolutionnaire visant notre subordination.

Nous devons en avoir conscience pour défendre nos démocraties et nos racines chrétiennes.