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L’école privée et l’enseignement catholique : une liberté à défendre

Le privé concerne 20% des élèves en France. Apprécié, ce système éducatif est-il pour autant libre ? Dans En Quête de Sens, nous recueillons les propos de Philippe Nemo, Amaury de Bannes, Pierre de Laubier et Michel Boyancé.

Ecole privée : une liberté menacée ?

« On essaye de persuader les Français qu’il n’y a d’éducation possible que dans le cadre d’une éducation d’Etat, mais c’est un phénomène à la fois récent dans l’histoire et propre à la France » affirme Philippe Nemo, directeur de l’Ecole Professorale de Paris. L’école libre est « un droit fondamental du citoyen ». Entre « enseignement » et « éducation », il y a une nette différence, souligne l’enseignant Pierre de Laubier, pour qui « les parents sont les seuls éducateurs de leurs enfants ». Selon Pierre de Laubier, « le Secrétariat Général de l’Enseignement Catholique a entraîné l’école catholique dans une voie de soumission à l’Etat d’une part et d’apostasie rampante parfois d’autre part ».

En tant que chef d’établissement, Amaury de Bannes a le sentiment de diriger un établissement catholique « en association avec l’Etat et non en soumission à l’Etat ». Certes, la contrainte porte sur les programmes et les rythmes scolaires, cependant l’Etat permet aussi à l’école catholique d’exister en rémunérant les enseignants. En 2005, la Loi Censi fait des enseignants du privé, des « contractuels de droit public ». Pour Michel Boyancé, doyen et directeur de l’IPC, « l’évolution est dommageable, car cela renforce la tutelle de l’Etat qui est l’employeur des maîtres, ce qui rend le statut un peu ambigu ».

Le choix de l’école privée

Une famille sur deux choisit l’enseignement catholique pour ses enfants. « La première motivation n’est pas le projet catholique, mais il s’agit davantage d’une recherche d’un encadrement et d’un très bon niveau d’études » ajoute Amaury de Bannes. De par l’héritage des congrégations religieuses, il y a dans les établissements privés, toute une dimension de « communauté éducative » qui s’attache à « créer un climat particulier dans l’établissement et pour le suivi des élèves » note Michel Boyancé. Une évolution néanmoins ces dernières années, de plus en plus de familles adhèrent au projet éducatif et pastoral de l’établissement.

« L’enseignement catholique n’est pas monolithique » renchérit Philippe Nemo, « certains sont prêts à assumer l’excellence ». Il suffit de regarder « le palmarès des mentions TB au bac, les quarante premières places sont détenues par des établissements privés ».

Ecole publique, école privée : quels objectifs ?

« Il y a une erreur fondamentale dans le concept même d’école unique », conçu en 1924 par une commission du Cartel des gauches regroupant dix-sept organisations maçonniques. L’objectif était de « changer la société en une génération » explique Philippe Nemo. C’est au même Cartel des gauches que l’on doit la transformation du Ministère de l’instruction publique en Ministère de l’éducation nationale.

La Loi Debré en 1959 reconnaît et « garantit l’exercice aux établissements privés régulièrement ouverts ». Transmettre culture, compétences et savoirs. L’enseignement pour tous est un véritable enjeu. Néanmoins, l’enseignement catholique souhaite y répondre en proposant une « mission d’Eglise au service de la société », une école ouverte à tous sans distinction, précise Amaury de Bannes, mais où « le projet pastoral d’accueil de chacun est fondé sur l’Evangile ».