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« Au cœur du chaos, j’ai vu des merveilles »

Professeur des écoles depuis dix-sept ans auprès d’enfants à la dérive, Florence Saint Hilaire témoigne de son « incroyable vie d’instit », et nous parle, dans Le Grand Témoin, des difficultés rencontrées en ZEP (zones d’éducation prioritaires).


Un combat : la protection des enfants

Dans son ouvrage, Mon incroyable vie d’instit, Florence Saint Hilaire raconte comment, guidée par la providence, elle a fait de la protection des enfants son combat. Femme de militaire, elle devient professeur des écoles pour pouvoir suivre son mari, jusqu’à la Réunion. C’est dans cette île qu’elle découvre la beauté de son métier mais aussi ses noirceurs. « J’ai eu dans ma classe un enfant gravement maltraité (…) Je n’ai pas eu beaucoup d’aide de mon directeur ». Notre invité évoque le manque de soutien de la hiérarchie et de préparation criant des jeunes professeurs, souvent envoyés en priorité vers les postes plus difficiles.

« Des enfants de CM2 ne savent ni lire, ni écrire ! »

La langue française est dans certaine classe apprise comme une langue étrangère. Elle n’est pas pratiquée à la maison, où même la télévision est souvent dans la langue maternelle de l’enfant. Les enfants peuvent vivre en France sans n’entendre quasiment jamais parler français. L’école seule reste un lieu où ils peuvent pratiquer le français, mais cela est très compliqué lorsque les parents ne poussent pas l’enfant à l’apprendre. Florence Saint Hilaire observe des dysfonctionnements inquiétants dans le système. Certaines petites filles inscrites à l’école retournent pendant l’année dans leur pays d’origine et n’apprennent pas à lire et à écrire. Ces cas ne semblent pas être si isolés…

Comment devient-on un enfant en difficulté ?

Ces enfants ont des profils diverses. Certains connaissent des passages à vide ou des événements qui bouleversent leur vie comme la mort d’un parent. L’omniprésence des écrans (smartphones, tablettes, télévision…) n’arrange rien. De nombreux enfants ont une télévision dans leur chambre, ils se couchent tard, et cela s’en ressent chaque matin en classe. « Il faut éduquer les parents », constate Florence Saint Hilaire, qui tente d’avoir une bonne influence sur certains parents peu raisonnables. Pour aider ces enfants à la marge, les enfants restent dans leur classe mais sont aidés personnellement par une personne chargée de leur faire rattraper le retard pris sur les autres. « C’est du sur mesure ! »