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Rétrospective Walker Evans au Centre Pompidou : la bonne surprise

Les expositions de photographies sont parfois décevantes : tirages de mauvaise qualité, photos trop petites qui nécessitent une attention trop particulière, difficulté à différencier un photographe d’un autre… La rétrospective du photographe américain Walker Evans (1903-1975) au Centre Pompidou est une bonne surprise.

Elle peut même être conseillée à des non spécialistes de la photographie ou à ceux qui ne mettent pas la photo au rang d’œuvre d’art. La scénographie met bien en valeur les 300 photographies présentées qui sont des tirages d’époque (tirées à l’époque de la prise de vue) d’une qualité exceptionnelle. On rentre ainsi rapidement dans l’univers d’un des plus grands photographes américains, témoin avant tout de la crise des années 30 aux États-Unis. En effet, Evans travaille pour des journaux et des magazines et est envoyé dans l’Amérique profonde où il fait ces portraits très célèbres des paysans de l’Alabama, pris de face, dont la misère économique n’a nullement entravée la dignité humaine. Ainsi, Evans n’est pas un reporter. Il est beaucoup plus que ça, et l’exposition en rend bien compte : il va en profondeur, aussi bien dans ses portraits, que dans son exploration du « vernaculaire », c’est-à-dire toutes ces petites choses de la culture populaire (vitrines des échoppes, baraques au bord des routes, inscription sur une boîte à lettres etc.) a priori anodines, mais qui tissent la vérité de l’Amérique. Sans doute, à la base de cette grande carrière, y-a-t-il la formation de Walker Evans à Paris où, boursier, il passe une année en 1926, à se structurer intellectuellement et où il découvre la modernité, notamment à travers Baudelaire qui le marquera toute sa vie.