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« Portraits de Cézanne » au Musée d’Orsay

Il n’y avait jamais eu d’exposition sur les portraits de Cézanne (1839-1906), sauf une, chez son marchand Ambroise Vollard, en 1910… C’est dire l’intérêt de l’exposition qui vient de s’ouvrir au musée d’Orsay, qui est splendide.

Y sont montrés soixante portraits, sur environ deux cents qu’aurait fait Cézanne. On y voit d’abord à quel point le peintre aixois a transgressé les canons de l’art du portrait : nul commande ici, peu de ressemblance avec les modèles. Tout le contraire des portraits d’apparat réalisés à la même époque à la cour de Napoléon III et d’Eugénie. Il ne semble pas que ce soit des portraits psychologiques non plus. A la rigueur, les autoportraits – superbes – semblent nous en apprendre un peu plus sur qui était Cézanne : un méditerranéen au caractère ombrageux. Mais tous ces portraits gardent une grande part de mystère, et c’est là le bonheur de l’exposition. Ils déroutent car les personnages sont représentés comme les pommes des natures mortes. Au milieu d’un environnement qui est aussi important que le sujet lui-même. Mais ce qui frappe surtout, c’est qu’on se rend compte en parcourant les salles à quel point Cézanne a été moderne, précurseur, et le père de tant d’artistes du XXème siècle : Picasso, le premier, semble tout lui devoir, mais aussi Modigliani, Soutine, Bacon, etc.

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