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Philippe Cognée à la galerie Daniel Templon

Philippe Cognée (né en 1957), dont la galerie Daniel Templon présente actuellement une très belle exposition, est un peintre français important sur la scène internationale qui en compte assez peu.

Il a tenu bon à une époque (les années 90) où ni la peinture, ni la figuration n’étaient la tasse de thé des institutions françaises. Peut-être parce que ses tableaux sont très singuliers et immédiatement reconnaissables : figuratifs, représentant des sujets contemporains, une impression fascinante de flou et de mystère s’en dégage.

Cognée

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C’est une technique particulière mise au point par Cognée qui lui permet d’obtenir cela : de la peinture à l’encaustique mélangée avec de la cire d’abeille sur laquelle l’artiste pose ensuite un film plastique qu’il repasse avec un fer à repasser ! Résultat : le sujet est déformé, s’enfouit dans la matière. Les objets les plus ordinaires, comme un frigidaire ou une barre d’immeubles, deviennent beaux, oniriques, matière à penser. Pour expliquer sa démarche, Philippe Cognée, qui a été professeur pendant quinze ans aux Beaux-Arts de Paris et d’Angers, dit : « La peinture n’est qu’une illusion, une fausse réalité. L’abstraction ne m’intéresse pas. J’ai toujours besoin de vérifier le réel, de le maltraiter, d’en faire ressortir quelque chose d’autre, une deuxième réalité. » Cognée avoue que les sujets qu’il traite (dans l’exposition à la galerie Templon, celui des Foules) sont des prétextes pour parler des sujets qui sont toujours les mêmes dans l’histoire de la peinture : la vie, la mort, la fragilité de la vie. Il conclut sur son métier de peintre : « Je vis pour ça, je ne fais que répéter l’opération de peindre pour vivre le plus longtemps possible… »

Guillaume Sébastien