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L’oeil de Baudelaire au Musée de la Vie romantique

Ni Les Fleurs du mal, ni la poésie ne firent vivre Baudelaire (1821-1867). C’est son métier de journaliste et surtout de critique d’art qui fut son gagne-pain. Tout cela est assez bien montré dans l’exposition « L’œil de Baudelaire » actuellement au musée de la Vie romantique (rue Chaptal, 9ème) jusqu’au  29 janvier.

François, le père de Baudelaire était grand amateur de peinture, peintre à ses heures, et Charles grandit entouré de belles choses. D’où ses prédispositions. Très jeune, il publie dans les journaux, en plein essor à l’époque, des papiers sur les expositions au Salon annuel et officiel, ou dans les galeries qui naissent. La période est féconde : fin du romantisme, apogée du réalisme, débuts de l’impressionnisme. Mais deux géants dominent et s’opposent : Delacroix et Ingres. Baudelaire, qui aime par dessus-tout l’imagination et la couleur, soutiendra ardemment le premier ;  il lui rend un vibrant hommage dans son poème « Les phares ». Ingres l’ennuie, car trop académique, trop ancré dans le passé. Baudelaire aime, hait, il l’écrit haut et fort, avec sa verve de poète. Tout cela est lié. Il ajoute même : « Je considère le poète comme le meilleur des critiques ». Il ne prend pas de notes quand il visite les expositions. Seul le tableau et le souvenir qu’il laisse dans sa mémoire comptent. Pour faire ainsi mieux correspondre, intimement, l’image aux mots.

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