le direct Musique sacrée

Le MoMa à Paris à la Fondation Louis Vuitton

Pour ceux qui connaissent le MoMA (Museum of Modern Art de New-York), l’exposition « Le MoMa à Paris » présentée à la Fondation Louis Vuitton est sans doute décevante.

Car il y a forcément de grosses frustrations à ne voir seulement qu’une sélection d’œuvres du plus grand musée au monde d’art contemporain. Pour ceux qui ne connaissent pas le MoMa, l’exposition est très intéressante car elle donne une bonne idée de ce qu’a été l’art consacré au XXème siècle. On parcourt de salle en salle les grands mouvements et les idées de l’art de ce siècle où est née l’abstraction, et au cours duquel a été remise en question la définition de l’œuvre d’art, depuis Brancusi et surtout Duchamp, suivi par tout le courant de l’art conceptuel, encore très prégnant aujourd’hui.

En filigrane dans l’exposition, le fait que New-York a ravi à Paris après la guerre sa place de capitale mondiale de l’art. Ce que certains appellent un complot a culminé en 1964 avec la remise au jeune artiste américain Rauschenberg du grand prix de la Biennale de Venise. Ce fut une bombe ! Ce fait historique établi – le MoMA a été financé par la CIA pour faire une active promotion de ses artistes expressionnistes abstraits, dont Pollock, pendant la Guerre Froide – est passé sous un diplomatique silence à la Fondation Vuitton. Si « Les Demoiselles d’Avignon » de Picasso sont absentes – dommage pour Paris où elles furent peintes en 1907 -, on admirera « Maison près de la voie ferrée », le chef d’œuvre d’Hopper, « L’Espoir », un sublime Klimt,  les 32 « Campbell Soup » de Warhol, œuvre emblématique du Pop Art, et bien sûr « L’Oiseau dans l’espace » de Brancusi, un des 16 exemplaires réalisés par l’artiste, dont aucun n’appartient à un musée français…