le direct Musique sacrée

Fiac ou pas Fiac ?

La FIAC revient ! Un peu comme un boomerang… Chaque année, la Foire Internationale d’Art Contemporain revient, avec son lot de critiques et de louanges qui est à peu près toujours le même : trop sage, trop scandaleuse, de mieux en mieux, de moins en moins bien, trop ceci, pas assez cela…

Chacun y voit midi à sa porte, et c’est bien normal dans un secteur où le goût, la culture, sont des affaires très personnelles. Il n’empêche : la FIAC est un marqueur pour l’économie et le marché de l’art en France. Beaucoup de galeries françaises y réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires de l’année ; la FIAC est un phare pour Paris, éclairant tous les événements artistiques qui, par effet d’aubaine, s’y déroulent au même moment : remise du prix Marcel Duchamp et d’autres prix du même acabit à de jeunes artistes prometteurs, programmation exceptionnelle d’expositions dans les musées parisiens, ventes de prestige organisées, beaucoup de communication mettant en avant les artistes et les tendances « à suivre ». Mais cette FIAC nous rappelle aussi une réalité moins glorieuse : la France qui représentait 60% du marché mondial de l’art après-guerre n’en représente plus que moins de 5% aujourd’hui.

98561_jun2_fiac_image

À la FIAC, la part des galeries françaises continue de baisser inéluctablement : moins de 25% cette année. Et le nombre d’artistes français exposés est encore plus faible : moins de 15%. Ceux qui se lamentent de cette situation sont montrés du doigt comme des ringards. Ceux qui en font fi, disant que la FIAC, elle aussi, est touchée par le phénomène de mondialisation, et que « c’est comme ça, circulez, y a rien à voir » ne sont pas moins critiquables. Alors que faire ? Quelle attitude adopter ? Déjà se rendre compte soi-même des choses : en allant sous la verrière du Grand Palais où peut-être d’heureuses surprises attendent nos yeux. Ou peut-être pas… En tout cas, profiter de cette semaine particulière pour se promener dans Paris, qui est et restera toujours un écrin qu’on ne pourra pas nous enlever…