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Cy Twombly au Centre Pompidou

Evidemment, regarder une œuvre de Cy Twombly (1928-2011), même deux ou trois, peut déconcerter nos yeux souvent peu ouverts à l’art de notre temps. Gribouillage ? Imposture ?…

Cy Twombly

La rétrospective actuellement présentée au Centre Pompidou d’un des artistes américains les plus chers au monde, aide à rentrer dans son univers. Comme pour beaucoup d’artistes, il faut lire leur vie avant de regarder leurs œuvres, ou faire les deux en même temps. Twombly a tout juste 24 ans lorsqu’il part en 1952 faire le « grand tour » de l’Italie : Rome, Venise, Florence, Sienne l’émerveillent. À un point tel qu’il s’installe définitivement en Italie en 1959. Il ne cessera de voyager au cours de sa vie, notamment en Grèce ou en Égypte où il se passionne pour l’archéologie. L’œuvre de Twombly est, semble-t-il, nourrie de références à ces civilisations disparues, ou à ses lectures, nombreuses. Sur les toiles, des mots écrits ici et là, les titres en témoignent. Rien de plus. En cheminant au milieu des œuvres immenses de l’exposition, on pénètre peu à peu dans l’univers du peintre. Une écriture, un langage singuliers, une profondeur, se révèlent, traversent les périodes. La couleur, autre langage, s’affirme, pour envahir presque toute la toile à la fin de la vie de Twombly. On est finalement saisi par quelque chose qui n’allait pas de soi devant les toiles presque toute blanches du début. Mais il demeure toujours une part de mystère, que l’artiste resté très silencieux toute sa vie sur son œuvre et ses intentions, n’a pas aidé à percer. L’œuvre de Twombly questionne beaucoup plus qu’elle n’apporte de réponses, et c’est là bien le moins que l’on puisse demander à un artiste.

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