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Vers la béatification du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus ?

Les restes du père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967), fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie, ont été exhumés ce 25 février dans le Vaucluse. Il sera béatifié le 19 novembre prochain.

Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus
Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

Le père carme Marie-Eugène de l’Enfant Jésus, fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie, sera béatifié le 19 novembre prochain à 11h au Parc des Expositions d’Avignon, a indiqué le diocèse dans un communiqué diffusé dimanche 29 mai.

La messe internationale sera présidée par le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation des causes des saints, délégué du pape François.

Pourquoi exhumer une dépouille ?

Dans le cadre d’un procès en béatification (ouvert en 1985), il est nécessaire de vérifier que ce corps est bien le sien, et comme pour de nombreux saints, anticiper la possibilité qu’un jour des reliques soient proposées à la prière des fidèles.

La cérémonie a eu lieu en présence de représentants de l’État, de Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, ainsi que de la famille du défunt, de membres de l’Institut Notre Dame de Vie et de Carmes. Le cercueil a été ouvert à huis clos devant les seuls représentants désignés du corps médical, de l’Église et de l’État pour constater l’état de conservation de la dépouille.

Sera t-il déclaré Saint ?

Le 19 décembre 2011, le Pape Benoît XVI a reconnu l’héroïcité des vertus du père Marie-Eugène, le déclarant « Vénérable », ce qui signifie qu’après avoir étudié les témoignages de ceux qui l’ont connu, lu ses écrits, ses lettres et ses enseignements, l’Eglise a reconnu en lui un modèle de vie selon l’Évangile.

De plus, la guérison d’un bébé, inexpliquée selon une commission de médecins, a été attribuée à l’intercession du père Marie-Eugène le 1er décembre 2015. La reconnaissance d’un miracle pourrait ainsi permettre une béatification, si le pape le juge opportun.

Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus : Carme et fondateur de l’Institut Notre-Dame de Vie

Ordonné prêtre en 1922, Henri Grialou entre chez les Carmes à Avon (Fontainebleau) la même année. Il y reçoit le nom de Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. Après son noviciat, il participe activement aux prédications entourant la béatification et la canonisation de Thérèse de Lisieux (1923-1925) et la proclamation St Jean de la Croix comme docteur de l’Eglise (1926).

Sa nomination en 1928 comme Prieur du couvent du Petit Castelet (Tarascon) vient alors interrompre une intense activité. L’année suivante, trois jeunes femmes qui dirigent un cours privé à Marseille viennent prendre conseil auprès de lui sur l’orientation à donner à leur vie. De cette première rencontre va naître quelques années plus tard une nouvelle famille spirituelle : Notre-Dame de Vie.

Nommé Prieur à Agen (1932-1936) puis à Monte-Carlo (1936-1937), il est ensuite élu membre du Conseil général de l’Ordre des Carmes déchaux à Rome où il résidera jusqu’en 1955. Il est plus particulièrement chargé des carmels francophones. Tout en veillant au développement de l’Institut Notre-Dame de Vie, il poursuit ses activités de prédication, qui débouchent sur la rédaction de son grand ouvrage de théologie spirituelle, Je veux voir Dieu (1951).

De retour en France en 1955, il est nommé Provincial de l’Ordre des Carmes déchaux, charge qu’il occupera jusqu’à la fin de sa vie.

Le 21 novembre 1973, la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique reconnaît Notre-Dame de Vie comme un Institut constitué de prêtres et de laïcs, hommes et femmes.

Aujourd’hui Notre-Dame de Vie compte plus de 600 membres dans des maisons implantées dans une vingtaine de pays.

Quelques citations :

« La sainteté, c’est la force de Dieu dans la faiblesse de l’homme »

« Toute ma vie a été basée sur la découverte de l’Esprit Saint. Je l’appelle mon ami, et je crois que j’ai des raisons pour cela. Oui, j’ai compris la miséricorde : sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus en a senti la douceur, j’en sens la puissance »

« Il est dangereux à notre époque d’être des saints à moitié, d’abdiquer un idéal qui nous est présenté. On pouvait croire autrefois que la sainteté était réservée à certaine catégories, à certaines âmes, à l’état religieux : actuellement la sainteté doit déborder, pénétrer dans toutes les âmes, dans la masse, dans tous les états. Elle s’impose non seulement à l’état religieux, à l’état de perfection, mais à la vie dans le monde ».