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Alain Christnacht à la tête de la commission de lutte contre la pédophilie de la CEF

Ancien directeur de cabinet de Christine Taubira, il a été nommé ce jeudi 21 avril président de la commission nationale d’expertise indépendante, mise en place par la CEF dans le cadre de la lutte contre la pédophilie dans l’Eglise.

© NC 1ÈRE Alain Christnacht
© NC 1ÈRE Alain Christnacht

>> Lire l’annonce officielle de la CEF

Né en 1949, ce catholique pratiquant est membre du conseil d’administration des Scouts et guides de France. Membre de l’Observatoire de la laïcité depuis sa nomination par Jean-Marc Ayrault en 2013, il est également conseiller d’état ; il préside d’ailleurs la section de l’intérieur depuis le 30 avril 2014.

Alain Christnacht fut aussi préfet, cadre à la DGSE, directeur général de la Fédération française de football. Il fut surtout le quatrième et dernier directeur de cabinet en trois ans de Christiane Taubira, soit de juin 2015 à février 2016, longtemps après l’adoption de la loi sur le mariage homosexuel. Ce proche du pouvoir s’est également vu confier par Manuel Valls, « une mission d’écoute, d’analyse et de conseil », selon les mots du Premier ministre en Nouvelle-Calédonie. Il est membre depuis sa création en 2008 du laboratoire d’idées de la gauche progressiste Terra Nova.

Cette nomination fait suite à l’annonce de Mgr Pontier concernant la création d’une « commission nationale d’expertise indépendante » présidée par une personnalité laïque et composée d’experts. Un poste clef puisque le président de cette commission aura un regard privilégié sur l’activité des diocèses.

Chevalier de la Légion d’honneur, il est aussi commandeur de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, ordre conféré ordinairement pour services politiques par le Vatican. L’ordre est conféré à des catholiques – dans de rares cas à des non-catholiques – en reconnaissance de leur service à l’Église, de travaux inhabituels, de soutien au Saint-Siège, de leur bon exemple dans leurs communautés et pays.

Polémique autour de cette nomination

Que l’ancien directeur de cabinet de l’ex-garde des sceaux préside une commission au sein de la Conférence des évêques de France (CEF) a évidemment heurté une partie des catholiques, notamment ceux issus de la Manif pour tous.

Le journaliste et essayiste Patrice de Plunkett, collaborateur de Radio Notre Dame, a notamment accusé les détracteurs d’Alain Christnacht d’être de « durs petits esprits » (Bernanos) et accuse l’ultra-droite de chercher à provoquer la panique dans le milieu post-Manif pour tous. Pour lui, « confier la présidence de cette commission d’experts à un personnage issu de l’exécutif (et même de la place Vendôme) était le plus sûr moyen de montrer la sincérité de la démarche, et c’était là l’urgence : montrer aux Français que les évêques ne cachent (plus) rien dans le domaine des exactions pédophiles ». Le reste de sa chronique est lisible ici.

Réagissant à la tribune de Patrice de Plunkett, Carol Ardent, directeur de la publication du Rouge et le Noir, s’est pour sa part défendu de toute volonté de polémique inutile. «  Il n’est question nulle part du cardinal Barbarin, ni d’un complot contre sa personne ; ni davantage d’une éventuelle appartenance à la franc-maçonnerie de M. Christnacht« .

Quant à la décision de Mgr Pontier, il « constate surtout que les évêques eux-mêmes n’avaient qu’à s’incliner devant cette décision, prise par la présidence ou la commission permanente de la CEF. Auraient-ils tort de s’inquiéter d’une nomination si polémique ? Il ne s’agit pas tant de voir dans cette affaire une ingérence insupportable de l’État ou une manœuvre obscure de la franc-maçonnerie, mais plus simplement une imprudence objective de la CEF ». Une mauvaise décision ? « Pourquoi avoir confié ce poste à une personnalité bénéficiant d’un large réseau de journalistes et d’hommes politiques à gauche ? Il ne manque tout de même pas de laïcs engagés n’ayant pas participé à la création de Terra Nova…« .

Quant aux rumeurs d’appartenance d’Alain Christnacht à la franc-maçonnerie, il semble l’avoir démenti dans le Salon Beige en 2010, comme en témoigne la capture d’écran ci-dessous.

salon beige