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Pape François : "un Etat doit être laïque"

Immigration, laïcité, lefebvristes ou encore pédophilie, tout ce qu’il faut retenir de l’entretien du pape François avec nos confrères de La Croix.

L’Europe, un sujet qui tient à cœur au pape, récemment décoré du prix Charlemagne. Pourtant lors de son discours au Conseil de l’Europe, François a préféré parler « d’une identité culturelle« , « dynamique et multiculturelle« . Un choix volontaire car, dit-il, « il y en a tant (…) quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute parfois la tonalité, qui peut être triomphaliste ou vengeresse ». Le pape souhaite que les chrétiens d’Europe se mettent au service de tous car « l’apport du christianisme à une culture est celui du Christ avec le lavement des pieds ».   

L’immigration

Le 16 avril dernier, le pape pose un geste fort, en voyage à Lesbos, il décide d’accueillir douze réfugiés syriens. Conscient que l’Europe ne peut ouvrir « grandes les portes de façon irrationnelle« , le Saint-Père a rappelé la capacité de l’Europe à intégrer ceux qui fuyaient les guerres et la faim. « Il faut les intégrer et non les ghettoïser », souligne-t-il, prenant comme exemple le maire de Londres, Sadiq Khan, fraîchement élu et fils d’immigrés pakistanais, qui a prêté serment dans la cathédrale de Southwark. Il cite d’ailleurs Grégoire le Grand, pape de 590 à 604, qui a « négocié avec ceux qu’on appelait les barbares, qui se sont ensuite intégrés« . D’ailleurs le pape souligne qu’il ne faut pas avoir peur de l’islam, « en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête » et qu’il faudrait plutôt s’interroger sur l’exportation d’un modèle occidental incompatible dans des pays où le pouvoir est soit fort, soit avec une « structure tribale » comme en Libye.

>> A lire le pape à Lesbos 

La France

Le Saint-Père pourrait venir en France, le Vatican a reçu récemment une invitation de François Hollande. Évoquant Paris, Lourdes ou encore Marseille, le pontife a toutefois rappelé qu’il n’était pas dans les habitudes du Vatican de venir dans des pays en période électorale. Revenant sur la laïcité à la française, le pape émet « une petite critique » : pour lui la France exagère la laïcité « cela provient d’une manière de considérer les religions comme une sous-culture et non comme une culture à part entière » mais un « Etat doit être laïque (…) les Etats confessionnels finissent mal« . Rappelant l’héritage des Lumières, François pense que « la France devrait faire un pas en avant sur la laïcité pour accepter que l’ouverture à la transcendance soit un droit pour tous ».

Les lefebvristes

« A Buenos Aires, j’ai toujours parlé avec eux ». Pour rappel, le pape a rencontré Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint Pie X en avril dernier. Une main leur est donc tendue puisqu’en cette année jubilaire de la Miséricorde, le Vatican a autorisé les prêtres de la Fraternité à confesser le péché d’avortement.  Sur la question de leur accorder un statut de prélature personnelle, le Saint-Père stipule qu’il faudra auparavant un « accord fondamental avec eux » car « le concile Vatican II a sa valeur ».

La pédophilie

« Ce serait un contresens, une imprudence« . Le pape a apporté son soutien au cardinal Barbarin, excluant toute démission avant la conclusion du procès. Rappelant qu’il ne peut y avoir prescription, le souverain pontife redit avec force que pour la pédophilie, c’est tolérance zéro.