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François célèbre une messe incroyable à Ciudad Juarez

Mercredi 17 février, pour son dernier déplacement au Mexique, à Ciudad Juarez, le pape François a célébré une messe à la frontière américaine et mexicaine devant près de 200.000 fidèles, une célébration hautement symbolique par son message.

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Le pape à la frontière entre Ciudad Juarez (Mexique) et El Paso (Etats-Unis)

Une homélie qui dénonce le narcotrafic et le crime organisé dans une ville considérée comme une des plus dangereuses du monde. Voila un pape qui ne manque pas de courage. Célébrée à quelques centaines de mètres des barbelés qui séparent Ciudad Juarez (Mexique) à El Paso (Etats-Unis), Mexicains et « Américains », ont pu suivre cette messe qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers  de fidèles.

Dénonçant la migration forcée, le Saint-Père a évoqué « des frères et des sœurs qui partent, chassés par la pauvreté et la violence, par le narcotrafic et par le crime organisé (…) non seulement ils souffrent de la pauvreté, mais de surcroît ils souffrent de ces formes de violence. Une injustice qui se radicalise chez les jeunes, ‘‘chair à canon’’, ils sont persécutés et menacés lorsqu’ils cherchent à sortir de la spirale de la violence et de l’enfer des drogues ».

Mais au delà de ce discours dénonciateur, le pape a surtout insisté sur l’importance de la miséricorde. Aussi il appelle à la conversion, « au don des larmes, demandons-lui d’avoir le cœur ouvert, comme les Ninivites, à son appel à travers le visage souffrant de tant d’hommes et de femmes !  Plus de mort ni d’exploitation ! Il est toujours temps de changer, il y a toujours une issue et une opportunité, il est toujours temps d’implorer la miséricorde du Père ». Changer de regard sur la question de la migration, Jorge Bergoglio n’a pas hésité à « tacler » Donald Trump dans l’avion qui le ramenait à Rome, en soulignant « qu’une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne ». Allusion au projet de Trump, qui veut construire un mur entre les deux  pays à l’endroit même où le pape célébrait la messe.

Les fidèles côté américain ont pu participer à la célébration eucharistique. Le pape les a d’ailleurs salué parce qu’ils ont permis « de nous faire sentir une seule famille ». Il a longuement salué aussi l’accueil des Mexicains et leur « chaleureuse hospitalité » avant de s’agenouiller devant la croix érigée à la frontière, entourée de sandales et de chaussures, pour prier pour tout ceux qui ont perdu la vie en tentant de passer la frontière.