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455ème anniversaire du Colloque de Poissy

Il y a 455 ans se tenait un colloque entre catholiques et protestants à Poissy. Une énième tentative d’enterrer les tensions entre catholiques et protestants. 

En soit, ce n’est pas vraiment un anniversaire jubilaire. Peut-être juste un prétexte pour évoquer, en ce 455 ème anniversaire, ce fameux colloque de Poissy qui a eu des répercussions sur la France. Il s’agit d’une énième tentative pour enterrer la hache de guerre entre protestants et catholique au XVIème siècles. Cette conférence des religions s’ouvrit le 9 septembre 1561 sous l’œil attentidf d’une Marie de Médicis qui régit la France puisque le roi, Charles IX, n’a à l’époque que 12 ans.

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Michel de l’Hôpital, organisateur du colloque.

Les deux camps se chamaillent depuis des années, entraînant mésentente sociale et conflits politique voire même une guerre civile. En 1560, des gentilshommes protestants ont même tenté d’enlever le roi (la conjuration d’Amboise), le pouvoir royal est affaibli et les ducs de Guise prennent de plus en plus de place. Les calvinistes sont forts, ils ont du pouvoir et la propagation du protestantisme a crée de nombreuses divergences de croyances au sein du Royaume de France. Voulant une paix religieuse durable, la Reine-Mère et ses conseillers, le chancelier Michel de l’Hôpital et du Duc de Vendôme, optent pour un colloque plutôt qu’un synode. Le pape est furieux, puisque ce colloque est sous l’autorité du pouvoir civil et non de sa Sainteté, il y voit là un affront à son autorité ecclésiastique.

Un colloque pour quel but ?

C’est la communion qui est au cœur des discussions. Pour tenter d’avancer sur les mésententes, une armée de théologiens catholiques et protestants est réunie à Poissy. Quarante prélats représentent l’Eglise dont le légat Hippolyte d’Este, représentant du pape. Pour les protestants, Théodore de Bèze, théologien, est accompagné de onze personnes. Le chancelier Michel de l’Hôpital ouvre le colloque avec ce discours « il faut rétablir l’ordre et l’unité par la douceur; pour le royaume, la paix est plus importante que le dogme ». Non seulement les théologiens ne le comprennent mais le discours qui va suivre, pour les protestants, va créer des tensions au sein du colloque. Lorsque Théodore de Bèze prend la parole, il provoque un tollé : « Le corps du Christ est éloigné du pain et du vin autant que le plus haut du ciel est éloigné de la terre » dira-t-il. Ses déclarations sur la communion sont éloignées de la conception catholique de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. Les théologiens sont inconciliables, l’assemblée est close le 9 octobre 1561.

 Aucun accord est trouvé pourtant un édit sera publié. Le 17 janvier 1562, l’édit de Janvier est promulgué, les protestants ont officiellement l’autorisation de se rassembler pour leur culte dans les faubourgs. Les pasteurs sont désormais reconnus mais doivent prêter serment . Ils doivent aussi rendre les Eglises qu’ils occupaient, ce qu’ils refusent de faire principalement dans le midi. Le parlement de Paris, quant à lui, très catholique, refusera d’enregistrer l’édit. Le 1 er mars 1562, le duc de Guise massacre des protestants lors du massacre de Wassy en Champagne. C’est le début des guerres de religion qui dureront plus de 30 ans.

Il faut noter que ce colloque a permis aux Jésuites de venir s’installer en France. Il a également poussé à la réouverture d’une troisième session au Concile de Trente, sur notamment, le pouvoir papal.