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Ne l'appelez pas Moïse !

François-Régis est un miraculé. Son père, médecin, constate qu’il est mort après l’avoir repêché dans une piscine. Et pourtant aujourd’hui, il peut témoigner de sa conversion au quotidien auprès de la Vierge Marie. Mais ne l’appelez pas Moïse. 

Des parents chrétiens, 7 ème enfant d’une fratrie de 8. Un frère aîné, Christophe, trisomique qui décède jeune. Étienne, troisième dans la fratrie, veut un petit frère puisqu’il a deux soeurs plus grandes que lui et deux soeurs juste après lui.  Ses parents décident alors d’aller confier cette volonté à St Jean-François de Régis lors d’un pèlerinage à Lalouvesc. Et ça marche puisque François-Régis pointe le bout de son nez le 9 juillet 1980. Souffrant d’une maladie orpheline, il naît avec un angiome lui recouvrant partiellement le visage. Mais c’est à deux ans que sa vie va changer. 

Un après-midi, à l’heure de la sieste, ses parents, déjeunent, quant ils  reçoivent un coup de fil d’un voisin. Quelque chose flotte dans la piscine. Ni une, ni deux, son père, médecin, court voir et tombe sur le corps de François-Régis. Il le prend et le pose sur la table du jardin. « Papa, médicalement, sait qu’il n’y a plus rien à faire mais pour maman, il tente un massage cardiaque ». Sa soeur fait alors cette réflexion: « la Sainte Vierge nous a déjà pris Christophe, elle ne prendra pas « Fafa » ». Leur mère leur dit alors de prier la Sainte Vierge, » vous êtes des enfants, elle vous écoutera ». 

A défaut de cracher de l’eau, François-Régis recrache des noyaux de cerise piqués dans le frigo. Les pompiers arrivent, direction l’hôpital. « Maman suivait en voiture, elle nous a raconté qu’à ce moment là, elle a senti que la Sainte Vierge était assise à côté d’elle, elle lui a parlé ». En chemin, François-Régis commence à réagir et va même téter son pouce. En arrivant à l’hôpital, tout va bien. « Fafa » a totalement repris ses esprits. Le médecin décide tout de même de faire des batteries de test. « Elle me rend aux parents, en disant qu’il n’y a rien, mais elle les prévient en disant que je risque de faire des poussées de fièvre et des convulsions, et qu’il pourrait y avoir des séquelles ». 

Ses parents décident de partir en famille à Lourdes pour remercier la Sainte Vierge. Au moment de l’immersion dans les piscines, François-Régis est pris de fièvre, l’apparition des premières séquelles ? Un retour à l’hôpital annonce qu’il n’y a rien. « Le médecin a dit aux parents que c’était un miracle, que la Sainte Vierge m’avait rendu en entier et qu’il fallait lui faire confiance ».

L’humanitaire et les grâces de Marie

Dès lors la vie de François-Régis va se poursuivre plus « tranquillement ». Pas brillant, mais « pas trop cancre », il poursuit ses études, se bat « un peu« , « on se moquait de moi à cause de mon angiome sur le visage« . François-Régis s’oriente vers le commerce. Hyper engagé depuis toujours, il décide de donner un an de sa vie auprès des pauvres au Mexique avec Noé St Jean en 2005.  « Je me souviens qu’un jour, en prenant le bus pour aller centre des enfants des rues, j’ai loupé mon arrêt. Je descends au terminus. Je me suis rendu compte que j’étais dans un quartier qui craignait. En gros, je me suis dit que il fallait aller dans cette direction, chapelet à la main, j’ai marché pendant deux heures. En arrivant au centre d’enfant, il explique, aux frères, d’où il vient. « C’est là qu’on m’a dit qu’on comptait un mort toutes les 30 minutes dans ce quartier. Mon ange gardien ne doit plus avoir beaucoup de plumes aux ailes, mais je m’en sors bien. »

Mais au-delà de cette mésaventure, François-Régis redécouvre l’Adoration et la lecture des Psaumes, le psaume de la Création est celui qui le touche le plus. « Au début le frère nous obligeait à venir à l’adoration, ça me gonflait carrément et puis au fur et à mesure, je me suis laissé faire, après c’est devenu un moment privilégié, fantastique. je ne pouvais plus m’en passer » 

Il s’engage dans l’associatif, notamment avec les Captifs où il va à la rencontre de prostituées, à l’Arche de Jean Vanier, à Simon de Cyrène ou encore au sein de la LMPT. Il voyage, fait des reportages photos à la découverte d’autres cultures, d’autres communautés religieuses. En juillet 2012, François-Régis s’envole pour le Maroc. Une rencontre l’a marqué: « On est en plein ramadan, en se promenant dans le souk de Fez, on rencontre un vendeur de tapis qui nous propose de voir la marchandise. Il nous fait rentrer chez lui et nous invite à boire un thé. Je refuse, par respect, on est en plein ramadan. Il insiste. On a eu un temps d’échange formidable. Il était étonner de voir de rencontrer des « vrais chrétiens », qui prient ». 

En juillet 2015, il part deux mois au Tibet à la rencontre des communautés chrétiennes persécutées. « Un soir, sur un sommet à environ 3000 mètres d’altitudes, le père (Nicolas Buttet, ndlr) nous dit qu’il y aura une messe à 21h. Le soir quand on arrive, au milieu de nulle part, personne. Et puis d’un coup, y’a 30 personnes qui débarquent juste pour la messe, qui ont fait des heures de marche. Je trouve ça incroyable, ça m’a reboosté dans ma foi. Quand on voit des communautés persécutées, qui vivent ça simplement, alors que nous, on assume pas du tout. » Dans certains endroits, la messe est célébrée dans des chambres d’hôtels poursuit-il, des « messes clandestines« . (La religion « chrétienne » est interdit au Tibet, ndlr)

Depuis quelques années, il vit de ses reportages, des photos de mariages. Auto-entrepreneur, il a monté la ComBackTeam  avec deux autres. « On fait du reportage, du documentaire  ou encore de la communication  avec  30 % de notre activité au service de l’évangélisation. »  

« Depuis toujours je remets ma vie à la Vierge Marie. Je suis un miraculé, c’est par son intercession que je suis là. Si je témoigne aujourd’hui, c’est pour montrer qu’avec Dieu rien n’est impossible… Tout est possible, il faut juste lui faire confiance et s’abandonner, j’essaye de me donner entièrement chaque jour ».  Même si François-Régis ne relativise pas sur tout, il veut essayer de voir les choses de façon positive. Il aime beaucoup Mère Térésa et d’ailleurs il choisit  le mot de la fin en la citant, « La vie est un jeu, joue le » conclut-il en souriant. 

Pour voir ses photos, c’est sur son blog