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Marie auxiliatrice : la Vierge au secours des chrétiens

Le 24 mai est le jour consacré à la bienheureuse Vierge Marie, auxiliatrice des chrétiens. Une fête liturgique instituée dans des circonstances dramatiques et qui est aujourd’hui la journée universelle de prière avec les catholiques chinois.

Le mois de mai est connu comme étant le mois de Marie. En témoigne les fêtes de Notre-Dame de Fatima mais aussi de Marie auxiliatrice, bien moins célèbre, et dont les origines remonteraient jusqu’au IVème siècle.

Bienhureuse
Bienheureuse Vierge Marie, Auxiliatrice des Chrétiens

Des origines guerrières et anciennes

C’est Jean Chrysostome qui semble être le premier à avoir mentionné ce titre marial, aux environ de 345. Mais ce fut surtout après la bataille de Lépante (1571) qu’il reçut en quelque sorte sa consécration officielle. En effet, la flotte chrétienne de Philippe II d’Espagne décima celle des Ottomans aux cris de Vive Marie. Le saint pape Pie V (auquel on doit le missel du rite tridentin), qui avait eu une prémonition de cette victoire pour la chrétienté, ordonna ainsi que dans la litanie de Sainte Marie (les litanies de Lorette) soit désormais inscrite l’invocation : Maria auxilium christianorum, ora pro nobis (Marie secours des Chrétiens, prie pour nous).

Querelle entre Pie VII et Napoléon Ier

L’empereur Napoléon Ier Bonaparte souhaitait inclure les États pontificaux dans son système continental dirigé contre l’Angleterre, mais le pape refusa d’adhérer au blocus continental, considérant que sa charge de pontife lui imposait la neutralité. La répression impériale ne se fit pas attendre : les États de l’Église ont été réduits au patrimoine de Saint-Pierre et Rome fut occupée militairement. Enfin, les États pontificaux furent annexés à l’Empire en 1809. Pie VII fut alors enlevé et détenu à Savone puis à Fontainebleau.

Après la bataille de Waterloo et la chute définitive de l’empereur français, Pie VII rentra définitivement à Rome. En marque de reconnaissance envers Dieu et la Vierge Marie, il institua la fête universelle de la Vierge Marie auxiliatrice, choisissant la date du 24 mai, date de son premier retour d’exil à Rome.

Une dévotion répondue grâce à Don Bosco

Âgé de neuf ans, le jeune Jean Bosco fit un rêve dans lequel Marie, bergère d’un troupeau, lui demande de conduire ses enfants égarés. À trois reprises au long de sa vie, elle va lui indiquer le lieu de sa mission : un quartier mal famé où seront construites trois églises de tailles différentes. Un peu plus tard, elle lui transmettra un ruban où est écrit le mot obéissance. Face aux départs de prêtres qui venaient l’aider, Marie lui conseille de créer une congrégation. Pour la fondation de l’Institut des Salésiennes, Marie doit insister, car Don Bosco rétorque aux jeunes filles aspirant à une telle création qu’il n’a pas le temps et qu’il ne peut rien pour elles. Alors Marie renouvela une nouvelle fois sa requête et le saint italien finit par accepter.

En 1865, Don Bosco fit construire une grande basilique en son honneur et plaça la Congrégation féminine qu’il fonda en sa protection : Les Filles de Marie Auxiliatrice.

Journée universelle de prière avec les catholiques chinois

Dans sa lettre aux chrétiens de Chine, le pape Benoît XVI écrivait en 2008 : « Le 24 mai, qui est consacré à la mémoire liturgique de la bienheureuse Vierge Marie, Auxiliatrice des chrétiens – vénérée avec tant de dévotion dans le sanctuaire marial de Sheshan à Shanghaï – pourrait devenir, dans l’avenir, une occasion pour les catholiques du monde entier de s’unir par la prière à l’Eglise qui est en Chine. » Le souhait du pape émérite fut finalement accompli en 2011 et le 24 mai fut déclaré par l’Eglise catholique comme la Journée internationale de prière avec les Catholiques de Chine.

Le 22 mai dernier, le pape François a demandé à la foule réunie place Saint-Pierre lors de l’Angélus de s’unir spirituellement aux catholiques chinois ce mardi 24 mai à l’occasion de la fête de la bienheureuse Vierge Marie Auxiliatrice. A cette occasion, le pape a demandé à ce que la Vierge qui est vénérée dans le sanctuaire de Sheshan à Shanghaï donne « à ses enfants en Chine la capacité de discerner en toute occasion les signes de la présence amoureuse de Dieu qui accueille toujours et pardonne « . Le pontife a profité de cette fête pour dire qu’il souhaite que les catholiques chinois puissent en cette année de la miséricorde, ainsi que ceux « qui suivent d’autres nobles traditions religieuses », « devenir signe concret de charité et de réconciliation « . Ces fidèles pourront ainsi, selon le Saint-Père, devenir les promoteurs « d’une authentique culture de la rencontre et de l’harmonie dans toute la société ».