le direct Musique sacrée

Souffrance animale : le débat est ouvert

Une vidéo mise en ligne par L214 dans un abattoir « bio » met en lumière les conditions de l’abattage animal. Un débat révélateur d’un malaise ?

Extrait vidéo, attention certaines images peuvent choquer !

La vidéo a fait le tour du web et provoqué des réactions indignées chez les internautes et chez les célébrités. En cause, des images prises de l’abattage d’animaux. On y voit notamment des moutons jetés contre des barrières, des vaches apparemment mal étourdies qui s’agitent suspendues en l’air… Autant d’images choquantes pour un public sensible.

Toutefois pour Pascal Mainsant, ancien chercheur à l’Inra et auteur du livre « La viande voit rouge », édité chez Fayard « il faut prendre en considération qu’une association comme L214 utilise le débat légitime de la souffrance animale pour faire supprimer la consommation de la viande ». En effet cette association dont le nom fait référence à l’article L214, premier article dans la loi française qui reconnaît aux animaux une sensibilité, milite pour un mode de vie végétarien. De plus il faut considérer que cette vidéo ne montre qu’une poignée d’animaux sur des milliers, « effectivement l’accident industriel, dans le sens où un étourdissement peut échouer arrive, il  ne faut pas en faire une généralité, les abattoirs sont rigoureusement contrôlés » prévient monsieur Mainsant.

« Sans pour autant occulter la nécessité d’avoir un vrai débat sur la manière dont nous traitons notre cheptel, il ne faut pas oublier qu’il s’agit de nourrir des millions de personnes. Il fut un temps où la viande était un plat de luxe et des produits comme le foie gras étaient inabordables pour les classes moyennes. Par ce procédé on peut permettre à un maximum de gens d’acheter quotidiennement de la viande ». Mais à quel prix ?

factory_farm600

(Pascal Mainsant était l’invité de Léo Potier dans « En quête de sens « du 24 novembre 2015)

Pour une consommation responsable

« Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. » (Genèse 1:29). C‘est en citant ce verset de la Bible que Gwendal Rozier, fondateur du site web « Gwendal&cie » explique son engagement. Végétarien depuis quatre ans il a crée ce site qui propose « un chemin pour se connaitre et changer ses habitudes de consommateurs ».  Farouchement opposé à l’élevage industriel, il n’hésite pas à les qualifier de camp de concentration et plaide pour une consommation éthique. « Je ne milite pas pour un monde végétarien mais pour que chacun soit responsable, on sacrifie le bien-être et la qualité de vie des animaux au nom d’une logique de rentabilité ».

Attention rétorque Pascal Mainsant  » lorsque l’on vous montre des images d’animaux s’agitant en vous disant qu’ils souffrent et agonisent, il se peut que cela ne soit que des réflexes nerveux et que l’animal est bien mort depuis quelques secondes ».

« Mais elle est bien visible, certains pensent que la ferme des mille vaches est un endroit merveilleux où les animaux sont bien traités, d’autres comme moi pensent l’inverse ». Oui mais que faire ? Arrêter de manger de la viande ? « Il faut savoir ce que l’on a dans son assiette, être exigeant sur l’origine et les conditions d’élevage et en payer un prix qui respecterait le travail de l’éleveur ». Un prix nécessairement plus onéreux que la viande à provenance industrielle. Un choix à faire. Mais comme le reconnait Gwendal, « les premiers à changer doivent être les consommateurs ».

MINOLTA DIGITAL CAMERA

La position de l’Église

(Extraits du catéchisme de l’Église Catholique)

2415 Le septième commandement demande le respect de l’intégrité de la création.Les animaux, comme les plantes et les êtres inanimés, sont naturellement destinés au bien commun de l’humanité passée, présente et future (cf. Gn 1, 28-31). L’usage des ressources minérales, végétales et animales de l’univers, ne peut être détaché du respect des exigences morales. La domination accordée par le Créateur à l’homme sur les êtres inanimés et les autres vivants n’est pas absolue ; elle est mesurée par le souci de la qualité de la vie du prochain, y compris des générations à venir ; elle exige un respect religieux de l’intégrité de la création (cf. CA 37-38).

2416 Les animaux sont des créatures de Dieu. Celui-ci les entoure de sa sollicitude providentielle (cf. Mt 6, 26). Par leur simple existence, ils le bénissent et lui rendent gloire (cf. Dn 3, 57-58). Aussi les hommes leur doivent-ils bienveillance. On se rappellera avec quelle délicatesse les saints, comme S. François d’Assise ou S. Philippe Neri, traitaient les animaux.

2417 Dieu a confiés les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image (cf. Gn 2, 19-20 ; 9, 1-4). Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et dans ses loisirs. Les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement acceptables, pourvu qu’elles restent dans des limites raisonnables et contribuent a soigner ou sauver des vies humaines.

2418 Il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies. Il est également indigne de dépenser pour eux des sommes qui devraient en priorité soulager la misère des hommes. On peut aimer les animaux ; on ne saurait détourner vers eux l’affection due aux seules personnes.