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Connaître ses origines : un « éclairage » sur soi-même

Généalogie pour Jean-Louis Beaucarnot, généapsychologie pour Simone Cordier, thérapie transgenérationnelle pour Sylvie Tenenbaum. Trois professions qui tentent d’élucider le poids du passé sur le présent. Une entreprise qui peut paraître périlleuse, mais qui se révèle être nécessaire.

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Ne pas sous-estimer l’héritage familial

Selon Jean-Louis Beaucarnot, la généalogie est  « un héritage qui ne se refuse pas ». Il s’agit pour lui d’un don, reçu, dont on ne peut nier la présence dans nos vies. C’est une question de fait, non d’idéologie. Le travail du généalogiste consiste alors à apporter des clés de compréhension de ce patrimoine qui nous échoit à l’aide d’outils divers et variés, comme l’astrologie ou la morphopsychologie. Le généalogiste limite cependant le rôle explicatif de ces moyens : mettre en lumière différentes facettes d’un individu.  En effet, Sylvie Tenenbaum explique que chacun est semblable au « maillon dans une chaîne », à la fois réceptacle d’un legs familial, puis transmetteur à son tour. Contre l’anonymat et l’amnésie, elle pose la connaissance de ce passé comme nécessaire pour éviter de subir les effets néfastes de ce qu’elle appelle les « défauts de transmission ».

Déterminisme et liberté

Pour  Simone Cordier, les imperfections de nos ancêtres peuvent gravement influencer nos comportements et entraver notre liberté d’action. Elle les compare aux cailloux utilisés par Manon des Sources pour bloquer l’approvisionnement en eau du village. Débloquer la vie, libérer l’action, tel est alors le rôle des thérapeutes dans ce domaine. Le poids du passé ne saurait cependant se réduire à une fatalité négative. C’est ce que montre Jean-Louis Beaucarnot quand il explore l’héritage familial des politiques. Son objectif : « humaniser » les hommes politiques, sans prétendre réduire leurs actes au poids du patrimoine familial. Pour éviter cet écueil, un maître-mot : l’appropriation. Jean-Paul Sartre l’écrivait déjà : « Nous sommes ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ».

Rappel de scientificité

Un « jeu de piste » motivé par le fait de « vouloir trouver » ses origines. Jean-Louis-Louis Beaucarnot décrit ainsi l’attitude que tout chercheur doit avoir vis-à-vis de la généalogie. Il prône une attitude d’émerveillement plutôt que de scepticisme. Il ne veut rien prouver mais veut tout scruter. La méthode d’investigation du passé demande alors beaucoup de rigueur. Seul un faisceau d’indices concordants peut permettre d’établir des liens de cause à effet. C’est à ce titre que Simone Cordier et Sylvie Tenenbaum préviennent contre les charlatans. La clé pour en juger ? Le professionnel en question doit être un accompagnateur et non un prescripteur. Sa mission : faire devenir acteur de notre propre existence.

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