le direct Musique sacrée

Lancement de la fédération européenne « Un de nous », pour la défense de la vie

Demain aura lieu à Paris le 1er forum européen « Un de nous ». Une vingtaine d’associations pro-vie, représentant treize pays européens, sont attendues salle Gaveau pour marquer cet événement fondateur.

Jean-Frédéric Poisson, Jaime Mayor Oreja, Pattaramon Chanua, jean-Marie Le Méné et Gian-Luigi Gigli à la conférence de presse de "One de us" (DR/Twitter)
Jean-Frédéric Poisson, Jaime Mayor Oreja, Pattaramon Chanua, Jean-Marie Le Méné et Gian-Luigi Gigli à la conférence de presse de « One of us » (DR/Twitter)

« Nous voulons organiser un courant d’opinion en Europe qui défend la vie ». Telle est la mission que s’est fixée Jaime Mayor Oreja, le président de la fédération européenne Un de nous/One of us. Pour l’ancien ministre de l’Intérieur espagnol, « nous vivons en Europe dans une crise de valeurs », dans une société qui a tendance depuis plusieurs années à oublier que « le plus important c’est la vie ».

Tout commence en 2012, lorsque qu’une initiative citoyenne européenne est lancée. Prévue par le Traité de Lisbonne, ce nouveau mécanisme de démocratie participative permet aux citoyens européens de demander à la Commission européenne d’introduire un projet législatif dans un domaine de compétence de l’Union européenne. La pétition est claire : il s’agit d’arrêter la financement de la recherche impliquant la destruction d’embryons humains ainsi que de stopper le financement de programmes d’avortement dans les pays tiers (plannings familiaux). Avec plus de 1,9 millions de signatures dans 17 pays européens différents, l’initiative Un de nous est la plus importante pétition de l’histoire de l’Union européenne. Devant cet immense mouvement populaire, l’initiative s’est aujourd’hui transformée en force d’attraction européenne : la Fédération Un de nous/One of us.

Les principaux objectifs de ce nouveau mouvement sont selon ses statuts la « reconnaissance inconditionnelle de la dignité humaine inhérente et inaliénable comme une source des libertés de l’homme et des droits du citoyen » ainsi qu’un « développement d’une culture de la vie en Europe, par l’encouragement et le soutien d’activités qui concernent la vie humaine, en particulier à ses stades de développement les plus vulnérables ». Lutter contre l’eugénisme, la recherche sur l’embryon, la GPA (Gestation pour autrui), l’avortement, l’euthanasie et le transhumanisme sont au cœur de leur combat.

« Les peuples européens attendent quelque chose de nous »

« Nous n’avons plus peur de parler », scande Jean-Marie Le Méné, président-fondateur de la « Fondation Jérôme Lejeune », premier financeur de la recherche sur la trisomie 21. « La patrie des droits de l’homme commence à oublier ce qu’est l’homme et pourquoi il faut le respecter, poursuit-il. 1 milliard d’euros pour éliminer les trisomiques 21, c’est le programme d’eugénisme mis en place par la France. Les grandes idéologies sont mortes et ont été remplacée par le marché. L’eugénisme véhiculé par un marché irréversible produit ainsi un esprit totalitaire ». Pour Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines et président du Parti Chrétien Démocrate, la loi sur la bioéthique de 1994 a provoquée une « marchandisation accélérée de la vie ». « Toute personne risque d’être attaquée dans sa condition humaine, note le candidat à la primaire de la droite et du centre. Face à l’accélération rapide de la dégradation de la condition humaine, les peuples européens attendent quelque chose de nous ». C’est en citant un dessin paru dans Charlie Hebdo que le Professeur Gian-Luigi Gigli rappelle qu’en italien la GPA (Gestation pour autrui) se traduit par « utérus à louer ». « C’est une nouvelle forme d’esclavage, dénonce le député italien et président du Movimento per la vitaAujourd’hui, l’idéologie du libre-marché fait que tout peut être acheté. Un être humain a droit a une défense communautaire ».

Le succès de Un de nous montre également l’importance de la démocratie à l’échelle européenne. « Les débats sur les valeurs ont été éradiquées de l’Union européenne, déplore Jaime Mayor Orja. Pour faire face à ce problème démocratique, il doit y avoir une défense de ses idées. En effet, malgré le succès de la pétition, l’initiative a été écartée par le Commission européenne en 2014, et ce à quelques jours des élections européennes. En 2015 a donc été lancé un « Appel aux experts » pour les professionnels de la santé, les juristes et les politiques, le but étant de réunir des milliers de signatures d’experts européens concernés par la question de la vie et ainsi conforter le message de l’initiative citoyenne européenne. « Le problème de représentativité en Europe est un problème, de même que la question de l’égalité pour les uns doit être la même pour les autres, ce qui est aussi un défi pour la démocratie ».

Les associations regroupées dénonce par ailleurs une culture de la mort qui sévit en Europe depuis de nombreuses années. Pour Jean-Marie Le Méné, « l’homme était avant considéré comme le sommet de la création. Maintenant, l’homme se définit lui-même, ce qui est une sorte d’anthropomorphisme. Cette société bio-centrée veut par exemple nous montrer qu’il y a peu de différence entre l’homme et l’animal… »

Au cours du Forum, le premier Prix Un de nous sera remis à un « héros ordinaire de la vie ». La lauréate est une jeune femme thaïlandaise, Pattaramon Chanbua, maman d’un bébé atteint de trisomie 21, qui a suscité à l’été 2014 une émotion internationale suite à la révélation de son histoire : conçu dans le cadre d’un contrat de GPA, il aurait pu être avorté, car le couple commendataire ne souhaitait garder que sa jumelle.

Retrouvez les principaux intervenants au Forum ici.

Réécouter Réécouter En Quête de Sens : Pourquoi les associations de défense de la vie s’organisent-elles aujourd’hui au niveau européen ?

Réécouter Réécouter Vox Libri : Jean-Marie Le Méné pour : « Les premières victimes du transhumanisme » – Ed. Pierre-Guillaume de Roux