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Comment accueillir la Miséricorde et en rayonner ?

Accueillir la Miséricorde et en rayonner ? Pas simple et pourtant c’est le pari que le pape François fait avec cette année jubilaire. Sœur Emmanuelle Fournier, consacrée du Verbe de Vie, nous offre du concret pour se mettre « à la lumière de sa Miséricorde ». Interview.

soeur emmanuelle fournierQu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un livre sur la Miséricorde ? 

 Il y a 6 ans, après avoir écrit un livre sur la Vierge Marie, j’ai eu à cœur d’en écrire un autre sur l’Amour de Jésus… l’Amour infini du Christ pour chacun de nous. Il y a une exclamation de Saint Paul que j’affectionne particulièrement : « Le Christ m’a aimé, Il s’est livré pour moi » (Galates 2, 20). Magnifique… Saint Paul ne dit pas : pour nous !… mais pour moi. Dieu nous aime, c’est beau… Dieu m’aime personnellement, c’est bouleversant. Et comment Il le fait ? Non par de simples paroles mais en se donnant sur la croix. Il prend sur lui le mal, le péché et la mort pour que je puisse en être libéré, pour que le ciel s’ouvre. La mort n’est pas le terminal !… Nous sommes faits pour l’éternité. Voilà la grande bonne nouvelle de Pâques. Jésus mort et Ressuscité pour nous… pour moi.

 Vous avez choisi un format alternant témoignage et histoire, pourquoi ?

 Pour ma part, je suis souvent touchée, encouragée dans ma foi par des témoignages de vie, des fioretti dans la vie des saints, ou tout simplement dans l’existence de ceux que je rencontre. Alors, bien simplement, quand je commente la Parole de Dieu ou que j’écris, je partage ces perles. Dieu n’est pas lointain, il est proche, il nous tend la main, nous accorde son conseil, sa force,…. Dans le Renouveau charismatique, nous avons l’habitude de faire mémoire des merveilles de Dieu pour remercier le Seigneur. Ce livre est dans cet élan du Saint Esprit. Quant aux histoires à teneur évangélique qui ouvrent chaque chapitre, c’est un coup du Seigneur. Dans cette montée vers la croix que je propose, j’ai eu l’idée de faire des pauses bienfaisantes… Finalement, comme dans une randonnée en montagne. On s’arrête un peu et on repart. Dans la lecture, il en va de même, le lecteur est entraîné sur un chemin un peu déroutant avec des sortes de contes qui disposent le cœur à scruter une dimension du mystère de la Miséricorde du Seigneur.

En parcourant le livre, on a l’impression que la Miséricorde est à la portée de tous, pourtant beaucoup n’en ont pas conscience ? Est-ce que la Miséricorde ne s’adresse qu’à ceux qui souffrent ?

Dieu est Amour, dit Saint Jean. Amour infini et il vient à notre rencontre comme il l’a fait avec les disciples d’Emmaüs. Il marche avec nous. Nous le reconnaissons ou non. La Miséricorde ne s’adresse pas exclusivement à ceux qui souffrent d’une manière aiguë ou spéciale, elle est pour tous. Nous faisons tous l’expérience de notre pauvreté radicale, du fait que nous sommes pécheurs, de notre vase d’argile, du vide. Nous avons besoin du Christ !… mais ne le savons pas tous, nous sommes d’accord. Quand on a rencontré le Seigneur, goûté son Amour, Dieu ne devient pas optionnel, c’est Quelqu’un. Jésus est quelqu’un… Infiniment réel.

Vous le dites, notre monde n’écoute pas, va à mille à l’heure et on oublie l’essentiel, Dieu. Aller à contre-courant, n’est-ce pas trop fou et trop dérangeant dans le quotidien de chacun ?

 Jean-Paul II disait : « L’oubli de Dieu conduit à l’abandon de l’homme ». Connaître le Seigneur, le fréquenter, lire la Parole de Dieu, vivre des sacrements, prier, servir les autres – les pauvres, est un chemin de vie. Ce n’est pas dérangeant, au contraire. C’est l’inverse, ne pas le connaître, le prier, le recevoir, c’est vivre sans lumière.

C’est étonnant votre question… Dieu ne vient pas nous déranger, « Il se tient à la porte et il frappe pour souper avec nous » (Apocalypse 3, 20). Il est l’ami sûr, fidèle et Il nous conduit sur des chemins fiables. Dieu est bon, infiniment bon. Notre péché fondamental est de nous méfier de lui. Qu’est-ce qu’Il va bien nous demander ? Exiger de nous ? Nous prendre ? Mais non, disons-Lui : « Jésus, j’ai confiance en toi », inscription qui est sur le tableau que Jésus a demandé lui-même à Sainte Faustine de faire peindre.

 La Miséricorde commence par quoi ? Quel est le mode d’emploi ?

 Accueillir la Miséricorde commence par un acte… celui de s’agenouiller. S’agenouiller devant Dieu pour accueillir son Amour. Pour que notre cœur de pierre soit visité, soit transformé en cœur de chair par l’Amour de Dieu. Le pape François dans sa bulle pour le Jubilé écrit : « En résumé, nous sommes invités à vivre de Miséricorde parce qu’il nous a d’abord été fait Miséricorde « ( N° 9).

à la lumière de la divine miséricorde 

Soeur Emmanuelle Fournier

« A la lumière de sa Miséricorde » aux éditions des Béatitudes. 

Histoires et témoignages pour regarder la Croix comme un trésor

Date de parution : 18-11-2015
232 pages
Livre papier : 15 €

Comment accueillir la Miséricorde et en rayonner ? Sœur Emmanuelle propose un cheminement original. Le lecteur est conduit, progressivement, jusqu’à la source du grand fleuve de la Bonté du Seigneur : le cœur ouvert du Christ sur la Croix.
Des contes à teneur évangélique et de belles citations, puisées dans la Tradition, ponctuent agréablement la méditation.
Au fil des pages, l’auteur distille avec simplicité des conseils spirituels et pratiques.
Les nombreux témoignages, glanés au gré de ses rencontres et pétris d’humanité, éclairent le quotidien de nos vies. Ils nous rejoignent intérieurement et nous mettent en mouvement.
Un ouvrage plein de fraîcheur et d’espérance qui laisse le souffle du Saint-Esprit nous révéler que la Croix est le grand « je t’aime » de Dieu.