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"Même silencieux, Dieu était quand même présent" : le diocèse de Paris à Auschwitz

Ce 25 juillet, tous les groupes du diocèse de Paris se sont retrouvés à Auschwitz. Une réponse à l’appel du pape François et à la demande du cardinal Vingt-Trois. Récit de ce temps fort des JMJ avec Armand de Fraguier.

Armand de Fraguier fait partie des presque 5000 jeunes du diocèse de Paris qui ont rejoint Cracovie pour rencontrer le pape François. En ce lundi 25 juillet, c’est au camp de concentration d’Auschwitz qu’ils se sont tous retrouvés. Une manière de répondre à la demande du cardinal André Vingt-Trois mais surtout à l’appel du pape François : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Armand nous raconte cette journée et partage le témoignages qu’il a pu recueillir auprès de différents groupes.

 

L'entrée d'Auschwitz  © Gwénola de Coutard
L’entrée d’Auschwitz © Gwénola de Coutard

C’est au compte-goutte que les groupes sont arrivés à Trzabinia-Siersza, sous un temps nuageux, les premiers à 5h30 du matin, les derniers à 13h. « C’est vraiment un endroit où on a besoin de Dieu, car même en s’étant préparés, en ayant lu beaucoup d’informations sur Auschwitz, on est toujours déboussolé, impuissant face à une telle horreur », explique Solenn, 25 ans, de la paroisse Notre-Dame de Clignancourt.

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Procession du début de la messe © Gwénola de Coutard © Gwénola de Coutard

Il est 15 heures lorsque le maire de Trzebinia-Siersza prononce son discours d’accueil. C’est là que le jeune Karol Wojtyla fit à 18 ans sa première expérience de retraite en silence, en 1938. En tant que jeune évêque de Cracovie, il organisa plus tard des retraites pour les malades et les invalides, avec de nombreux jeunes de son diocèse. Dans la basilique de Trzebinia, les jeunes ont pu adorer le Saint-Sacrement.

A 15h30, dans le plus grand receuillement, les plus de 4000 jeunes du diocèse de Paris présents ont vécu intensément la célébration de la messe présidée par Mgr Jérôme Beau.

Procession du début de la messe © Gwénola de Coutard
© Gwénola de Coutard

Les jeunes de Saint Joseph des Épinettes sont restés un peu plus d’une heure dans le camp Auschwitz I. Ils ont le sentiment d’avoir vécu un véritable chemin de croix. « On a ressenti l’atmosphère du camp ». « Nous voulions voir avec nos vrais yeux ce qu’était ces camp de la mort ».

« À travers les témoignages, on s’est rendu compte que le plus beau de l’humain se dégage, celui qui partage son pain au milieu des chambres à gaz, c’est lui le vrai héro », lance de so côté un jeune du groupe Saint Louis.

« Un Dieu qui se donne pour nous »

Les jeunes de l’Eau Vive sont quant à eux très touchés et émus par cette visite. Ils disent avoir ouvert les yeux sur Saint Maximilien Kolbe, « un exemple de Dieu qui se donne pour nous ». De beaux témoignages, preuve de la fraternité contre la barbarie.

C’est le silence et le recueillement qui ont particulièrement impressionnés le père Jacques Germaix, vicaire de la paroisse Notre-Dame de la Salette. Un moment très fort et intense. « Les jeunes ont réfléchi sur le silence de Dieu à Auschwitz et Birkenau. Il s’agissait de comprendre que même si Dieu était silencieux il était quand même présent ». « La messe a été très belle », souligne-t-il, « cela a été un élément déclencheur pour de nombreux jeunes qui ne s’étaient pas confessés depuis longtemps ».

Armand de Fraguier

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