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"Plus esclaves, mais frères" : journée mondiale de la paix

Après avoir célébré les dernières vêpres de 2014, le pape François a appelé les fidèles à combattre l’esclavage et à bâtir la fraternité, lors de la 48ème journée mondiale de la paix.

« Marcher en liberté » sans se laisser tenter par « la nostalgie de l’esclavage ». Célébration des Vêpres et Te Deum d’action de grâce de fin d’année

48ème Journée Mondiale de la Paix : François célèbre la messe pour la Solennité de Marie Mère de Dieu

« Tant de personnes innocentes et tant d’enfants souffrent dans le monde ! Seigneur, donne-nous ta paix ! »: c’est le premier tweet de l’année 2015 que le pape François a posté sur @Pontifex_fr avant de célébrer la messe pour la Paix ce 1er janvier.

Dans son homélie, le pape François s’est appuyé sur les paroles d’Elisabeth à Marie. « Tu es bénie entre toutes les femmes, et béni est le fruit de ton sein ! » (Lc 1, 14). L’Histoire du Salut s’accomplit donc en Marie, a rappelé François, très attaché à la dévotion mariale. « En célébrant la solennité de Marie Mère de Dieu, l’Eglise nous rappelle que Marie est la première destinataire de cette bénédiction. En elle se trouve tout accomplissement : en effet, aucune autre créature n’a vu briller sur elle-même le regard de Dieu comme Marie, qui a donné un visage humain au Verbe éternel, de façon à ce que tous nous puissions le contempler… On ne peut comprendre Jésus sans sa mère, et tout aussi inséparables sont le Christ et l’Église ».

Et le Saint-Père a ajouté : « En cette journée mondiale de la Paix, invoquons l’intercession de Marie pour que le Seigneur donne la paix à notre temps : paix dans les cœurs, paix dans les familles, paix entre les nations. Cette année, en particulier, le message pour la Journée de la Paix est « Non plus esclaves, mais frères ». Tous nous sommes appelés à être libres, à être fils, et chacun selon ses propres responsabilités, à lutter contre les formes modernes d’esclavage. De tout peuple, culture et religion, unissons nos forces. Que nous guide Celui qui, pour nous rendre tous frères, s’est fait notre serviteur ».

Homélie du pape François pour la fête de Sainte Marie Mère de Dieu

« Les paroles avec lesquelles Elisabeth prononce sa bénédiction sur la Sainte Vierge reviennent à l’esprit : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1,42-43).

Cette bénédiction est en continuité avec la bénédiction sacerdotale que Dieu avait suggérée à Moïse pour qu’il la transmette à Aaron et à tout le peuple : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26). En célébrant la solennité de Sainte Marie Mère de Dieu, l’Eglise nous rappelle que Marie est la première destinataire de cette bénédiction. En Elle, elle trouve son accomplissement : en effet, aucune autre créature n’a vu briller sur elle le visage de Dieu comme Marie, qui a donné un visage humain au Verbe éternel, afin que nous puissions tous le contempler.

Au-delà de la contemplation du visage de Dieu, nous pouvons aussi le louer et le glorifier comme les bergers, qui s’en retournent de Bethléem avec un chant d’action de grâce après avoir vu l’Enfant et sa jeune maman (cf. Lc 2,16). Ils étaient ensemble, comme ils étaient ensemble aussi au Calvaire, car Jésus et sa Mère sont inséparables : il existe entre eux un rapport très étroit, comme entre tout enfant et sa mère. La chair du Christ – qui est pivot de notre salut (Tertullien) – s’est formée dans le sein de Marie (cf. Ps 139,13). Cette inséparabilité est signifiée aussi par le fait que Marie, choisie pour être Mère du Rédempteur, en a partagé intimement toute la mission en demeurant aux côtés de son Fils jusqu’à la fin au calvaire.

Marie est ainsi unie à Jésus car elle a eu de Lui la connaissance du cœur, la connaissance de la foi, nourrie par l’expérience maternelle et par son lien intime avec son Fils. La Vierge Sainte est la femme de foi, qui a fait place à Dieu dans son cœur, dans ses projets ; elle est la croyante capable de saisir dans le don du Fils l’avènement de cette « plénitude des temps » (Gal 4,4) dans laquelle Dieu, choisissant l’humble voie de l’existence humaine, est entré personnellement dans le sillon de l’histoire du salut. C’est pourquoi on ne peut comprendre Jésus sans sa Mère.

Le Christ et l’Eglise sont tout autant inséparables parce que l’Eglise et Marie sont toujours liées. C’est justement le mystère de la femme dans la communauté ecclésiale. Et on ne peut comprendre le salut opéré par Jésus sans considérer la maternité de l’Eglise. Séparer Jésus de l’Eglise ce serait vouloir introduire une « dichotomie absurde », comme l’écrit le bienheureux Paul VI (cf. Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, 16). Il n’est pas possible d’« aimer le Christ mais sans l’Eglise, écouter le Christ mais non l’Eglise, être au Christ mais en dehors de l’Eglise » (Ibid.) En effet, c’est l’Eglise, la grande famille de Dieu, qui nous apporte le Christ. Notre foi n’est pas une doctrine abstraite ou une philosophie, mais c’est une relation vitale et pleine avec une personne : Jésus Christ, le Fils unique de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour nous sauver et vivant au milieu de nous. Où pouvons-nous le rencontrer ? Nous le rencontrons dans l’Eglise, dans notre Sainte Mère l’Eglise hiérarchique. C‘est l’Eglise qui dit aujourd’hui : “Voici l’agneau de Dieu”; c’est l’Eglise qui l’annonce ; c’est dans l’Eglise que Jésus continue à accomplir ses gestes de grâce que sont les sacrements.

Cette action et mission de l’Eglise exprime sa maternité. Elle est en effet comme une mère qui protège Jésus avec tendresse et le donne à tous avec joie et générosité. Aucune manifestation du Christ, même la plus mystique, ne peut jamais être détachée de la chair et du sang de l’Eglise, de la concrétisation historique du Corps du Christ. Sans l’Eglise, Jésus Christ finit par se réduire à une idée, à une morale, à un sentiment. Sans l’Eglise, notre rapport avec le Christ serait à la merci de notre imagination, de nos interprétations, de nos humeurs.

Chers frères et sœurs ! Jésus Christ est la bénédiction pour tout homme et pour l’humanité entière. L’Eglise, en nous donnant Jésus, nous offre la plénitude de la bénédiction du Seigneur. C’est justement la mission du peuple de Dieu : répandre sur tous les peuples la bénédiction de Dieu incarnée en Jésus Christ. Et Marie, la première et parfaite disciple de Jésus, la première et parfaite croyante, modèle de l’Eglise en marche, est celle qui ouvre cette route de maternité de l’Eglise et en soutient toujours la mission maternelle destinée à tous les hommes. Son témoignage discret et maternel chemine avec l’Eglise depuis les origines. Mère de Dieu, elle est aussi Mère de l’Eglise et, par l’intermédiaire de l’Eglise, elle est Mère de tous les hommes et de tous les peuples.

Que cette mère douce et prévenante nous obtienne la bénédiction du Seigneur pour la toute famille humaine. De façon spéciale aujourd’hui, Journée mondiale de la paix, invoquons son intercession pour que le Seigneur donne la paix à nos jours : paix dans les cœurs, paix dans les familles, paix entre les Nations. Cette année, en particulier, le message pour la Journée de la paix est : « Non plus esclaves, mais frères ». Nous sommes tous appelés à être libres, tous appelés à être fils, chacun selon ses responsabilités, à lutter contre les formes modernes d’esclavage. De tous peuples, cultures et religions, unissons nos forces. Que Celui qui, pour nous rendre tous frères, s’est fait notre serviteur, nous guide et nous soutienne. Regardons Marie, contemplons la Sainte Mère de Dieu. Je voudrais vous proposer de la saluer ensemble comme l’a fait le courageux peuple d’Ephèse, qui criait devant ses pasteurs quand ils entraient dans l’église : « Sainte Mère de Dieu ! ». Quel beau salut pour notre Mère… Une histoire raconte, je ne sais si c’est vrai, que certains parmi eux avaient des bâtons à la main, peut-être pour faire comprendre aux évêques ce qu’il serait arrivé s’ils n’avaient pas eu le courage de proclamer Marie “Mère de Dieu”. Je vous invite tous, sans bâtons, à vous lever et à la saluer par trois fois, debout, avec ce salut de l’Eglise des premiers temps : “Sainte Mère de Dieu !”.

Angélus du 1er janvier 2015

Lors de l’Angélus de ce 1er janvier 2015, 48e Journée mondiale de la paix, le pape François a exhorté les fidèles rassemblés place Saint-Pierre, à prier pour la paix, à éduquer à la paix. « Nous sommes tous appelés à combattre toute forme d’esclavage et à bâtir la fraternité, chacun selon ses responsabilités… Non plus esclaves, mais frères ».

Sources : Zenit et News.Va