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Pierre Canisius, docteur de l'Église et opposant de Luther

Le 21 décembre 1597, l’Église perdait Pierre Canisius alors âgé de 76 ans. Canonisé par Pie XI et fait docteur de l’Église, Pierre Kanis, de son vrai nom, a su réformer l’Église catholique et enrayer la progression du protestantisme en Allemagne. 

Son père est un riche bourgmestre néerlandais qui l’envoie, à l’âge de 15 ans, étudier les arts et le droit civil à Cologne en Allemagne. Mais lui préfère les Écritures Saintes  et les Pères de l’Église et veut murir sa décision de devenir prêtre. En 1543, Pierre Kanis rencontre Pierre Favre, qui n’est d’autre que le premier compagnon de Saint Ignace de Loyola. Après avoir suivi des cours d’exercices spirituels, il entre dans la Compagnie de Jésus.

Trois ans après sa rencontre avec Pierre Favre, Pierre Canisius est ordonné prêtre à Cologne et devient rapidement le théologien du cardinal Otto Truchsess alors évêque d’Augsbourg et va donc participer au Concile de Trente. Vite ajourné, il sera renvoyé auprès de saint Ignace pour y parfaire sa formation. C’est d’ailleurs saint Ignace qui l’enverra en Allemagne pour une mission apostolique alors que les idées de Luther sont implantées depuis presque 30 ans.

Lutter contre Luther

En 1517, Luther publie les 95 thèses qui remettent en cause le principe des indulgences. Ce principe permettait de racheter les péchés des fidèles sur terre ou de racheter les fautes de ceux déjà au purgatoire. Remettant aussi en cause l’autorité du pape, il finit par être excommunié mais ses idées ont déjà conquis des milliers de fidèles dont de nombreux princes en Allemagne. La foi catholique s’éteint peu à peu avec la Réforme de Luther. C’est là moment que Pierre Canisius entre en scène. Chargé par Saint Ignace et par le pape Paul III, Pierre va lutter contre l’ignorance religieuse et la dépravation morale en traduisant notamment les textes des Pères de l’Église et en publiant son catéchisme. Et il va d’ailleurs utiliser l’imprimerie, que Luther utilisait beaucoup, pour populariser ses écrits, il disait d’ailleurs: « le progrès doit être mis au service de Dieu ». A l’époque, l’imprimerie était vue comme un instrument de contestation. Le Grand Catéchisme (Summa doctrine christianae)  et le Petit Catéchisme écrit entre 1555 et 1558 sont ses principaux écrits et ont permis aux jeunes du peuple de recevoir une instruction religieuse via des notions de théologie. Il a fortement participé à ralentir la diffusion des idées de Luther.

La deuxième réforme que Pierre Canisius met en place, c’est l’éducation et la formation du clergé. Il commence avec l’université d’Ingolstadt en Bavière puis celle de Vienne en Autriche, formant ainsi une nouvelle génération chrétienne pour servir l’Église.  Il fonde ou aide à fonder pas moins de 18 collèges jésuites en Europe Centrale. En 1580, il se retire à Fribourg, en Suisse, ou il continuera d’écrire plusieurs oeuvres. Pierre Canisius mourut le 21 décembre 1597. Pie IX le béatifia 267 ans après et le pape Pie XI le canonisa et le proclama Docteur de l’Église en 1925.

Son amitié personnel avec Jésus

Sa spiritualité se caractérise par une profonde amitié avec le Christ. Le 4 septembre 1549, il écrivait: « Toi, à la fin, comme si tu m’ouvrais le coeur du Très Saint Corps, qu’il me semblait voir devant moi, tu m’as commandé de boire à cette source, en m’invitant pour ainsi dire à puiser les eaux de mon salut à tes sources, ô mon Sauveur ». Dans ses écrits, on retrouve aussi ce lien qu’il affectionne avec la prière personnelle. Il en fait une nécessité afin « d’être un disciple de Jésus et de vivre dans l’intimité du Maitre divin. »

Benoit XVI le rappelait lors d’une audience générale en 2011 que Pierre Canisius « enseigne avec clarté que le ministère apostolique n’est incisif et produit des fruits du salut dans les coeurs que si les prédicateurs est témoin personnel de Jésus (…) ».