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Le pape décrète une Année sainte centrée sur la pénitence

 

A l’occasion des deux ans de son pontificat, le pape François a annoncé vendredi, l’ouverture en décembre prochain d’une Année sainte. 

Le pape a annoncé à la fin d’une homélie, vendredi 13 mars, dans la basilique Saint-Pierre, un jubilé de la miséricorde de Dieu. « J’ai pensé souvent à la manière dont l’Église peut rendre plus évidente sa mission d’être témoin de la miséricorde. C’est pourquoi j’ai décidé de décréter un Jubilé extraordinaire » a-t-il annoncé. Ce temps fort de l’Église, permettant le pardon des péchés, aura lieu du 8 décembre prochain au 20 novembre 2016, jour de la fête du Christ Roi.

Avec cette déclaration, François a créé la surprise et a déclenché une vague d’applaudissements. Le gouvernement italien s’est également réjoui de pouvoir accueillir à cette occasion un surcroît de pèlerins à Rome. Des millions de croyants sont en effet attendus au cours de ces douze mois afin de recevoir « l’indulgence plénière » pour tous leurs péchés. Ils étaient 30 millions à affluer dans la capitale italienne lors du précédent jubilé convoqué par Jean-Paul II en 1999-2000.

Cette initiative confirme ainsi la volonté réformatrice et sa main tendue pour réintégrer dans l’Église catholique les exclus (comme les divorcés ou les homosexuels) notamment en vue du synode sur la famille. Le début de cette année Sainte coïncidera également avec le cinquantième anniversaire de la fin du Concile Vatican II qui avait lancé le chantier de l’ouverture et de la modernisation de l’Église.

Un attachement particulier à la miséricorde

Depuis son élection, il y a deux ans, le pape n’a cessé de rappeler la nécessité de la miséricorde. Cette devise est d’ailleurs inscrite sur son blason, « Miserando adque eligendo », littéralement « En ayant miséricorde de lui, il le choisit ». Elle est même à l’origine de sa vocation de prêtre, découverte au sortir d’une confession.

François veut en effet, trouver des solutions pour toutes les personnes en situation irrégulières et insiste sur tous les cas paraissant désespérés : mafieux, criminels, chefs de guerre,… Selon le pontifie, chacun peut se repentir. A l’occasion de la liturgie pénitentielle de vendredi qu’il présidait, le pape, a lui-même marché seul jusqu’à un confessionnal de la basilique pour implorer, à genoux, le pardon de ses péchés, avant de donner le sacrement de réconciliation. La repentance personnelle et le pardon mutuel peuvent selon le Saint-Père, à résoudre les guerres et les conflits. « Dieu pardonne tout et pardonne toujours, il oublie » les fautes, mais il faut que les personnes aient fait pénitence a-t-il expliqué dans son homélie.

Une année Sainte « Extraordinaire »

Dans la tradition de l’Église, le jubilé est un évènement festif qui remonte à l’Ancien testament, au temps de Moïse. Les hébreux fêtaient ainsi leur libération de l’exil de Babylone. La corne de bélier, « Yobel » en hébreux, qui servait à sonner cette fête, a donné son nom au jubilé. A cette occasion, une série de rites est prévue. Il débute notamment par l’ouverture de la porte Sainte à Saint-Pierre, d’ordinaire fermée. Toutes les basiliques majeures de Rome possèdent leur porte Sainte, murée hors de cette période.

Une année Sainte ou jubilé a généralement lieu tous les 25 ans. Les années saintes à date fixe sont dites « ordinaires » sinon elles sont « extraordinaires » comme c’est le cas pour le jubilé lancé par le pape François. La dernière avait eu lieu en 2000, soit seulement 17 ans après la précédente, en 1983. Cette anticipation était due à la célébration des 2000 ans du Christ et au passage d’un millénaire à un autre.

Sources : Le Parisien, Zénit, La Croix, La vie