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Lucetta Scaraffia : "la femme doit devenir un pilier dans l'Église"

Chroniqueuse à l’Osservatore Romano, historienne, Lucetta Scaraffia est une féministe accomplie. Intervenante lors du synode des familles, elle revient sur le rôle de la femme dans l’Église. 

« Il y a 40 ans, nous étions deux religieuses, ce fut salué comme un progrès. Quarante ans plus tard, nous sommes trois…« , rappelait une des religieuses lors de son discours au synode. Une de plus et toujours pas d’avancée pour la femme à en croire Lucetta Scaraffia. Les femmes veulent une place dans l’Église moderne. Pour l’historienne, il n’est pas question de  femmes prêtres, ni de femmes diacres, parce que Saint Jean-Paul II a déjà tranché la question, mais au moins d’un peu d’écoute, chose qui n’a pas été aussi simple pendant les débats:

 La femme est le nouveau souffle de l’Église. Lucetta Scaraffia est en désaccord avec la Curie, lui reprochant sa peur  des femmes et une occultation des rôles qu’elles devraient tenir. Et même si le Pape François lui a demandé de réfléchir sur une « théologie », parce qu’il pense « qu’il faut les écouter »,  l’historienne soutient que le problème n’est pas là et compte faire entendre ses revendications:

Néanmoins, la chroniqueuse de l’Osservatore Romano ne dresse pas qu’un portrait noir de ce synode, puisqu’elle a pu au moins émettre des idées, et parler du rôle de la femme au sein de la famille: la femme comme un pilier, et non pas comme complémentaire à l’homme.  Avec près de 700.000 religieuses, les femmes représentent les deux tiers des vocations. Des chiffres qui vont obliger l’Église à changer son message:

Soeur Carmen Sammut, directrice de l’Union Internationale des Supérieures générales (UISG) a confié à nos confrères de la Croix, que le texte final, présenté samedi soir,  parlait de la nécessité de défendre et de promouvoir la dignité de la femme, « nous attendons maintenant que ces déclarations soient mises en pratique » rajoute-t-elle. L’espoir, d’une place plus grande des femmes dans l’Église, est donc permis.
En complément, une très bonne analyse de Aline Lizotte  avec Jean-Marie Guénois, parue sur le Figaro Vox
Réécouter Réécouter Rencontre, Juliette Loiseau recevait Françoise Legalliot, présidente de l’Action Catholique des Femmes. L’association est à l’origine d’un plaidoyer « Pour la juste place des femmes dans les instances décisionnelles de l’Eglise« .