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Le cardinal Burke, la douceur conservatrice

« Douceur et intransigeance ». Voilà ce qui caractérise le cardinal Raymond Burke, selon Guillaume d’Alançon, co-auteur de l’ouvrage « Un cardinal au cœur de l’Église, entretien avec le cardinal Burke ». Ils étaient tous deux les invités de Radio Notre Dame ce 28 septembre.

Le cardinal Raymond Burke et Guillaume d'Alençon

Origines

Né en 1948 d’agriculteurs irlandais immigrés dans le Wisconsin, ordonné prêtre en 1975 par Paul VI, consacré archevêque de Saint-Louis par Jean-Paul II, Benoit XVI le nomme en 2010 préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique et le créé cardinal de l’Église catholique.

Ardent défenseur de la vie, il rappelle que sa mère, malade au moment de sa grossesse, avait refusé l’avortement malgré les conseils du corps médical ; cet épisode l’a fortement marqué et explique son attachement au respect de la vie.

Ses responsabilités

Le 8 novembre 2014, il est nommé « cardinal patronus » de l’Ordre de Malte, c’est-à-dire représentant du Saint-Siège auprès de l’Ordre souverain de Malte, nomination que certains interpréteront comme un placard doré, voire une sanction. Il a été présenté par les médias comme le chantre du courant conservateur de l’Église, notamment durant les travaux de préparation du synode de la famille à l’automne 2014. Propos déformés, campagne acharnée : on lui prête un statut d’opposant au pape François, ce qu’il dément formellement, il se contente simplement de rappeler que si la doctrine de l’Église change, il se fera un devoir de rentrer en résistance.

Une application totale de la doctrine sociale de l’Eglise

Ainsi, il ne s’oppose pas à la volonté du pape d’accélérer la procédure d’annulation de mariage, en tant que docteur en droit canon, il insiste cependant sur la nécessité de trouver « la juste célérité ». Il appelle les couples en difficulté à s’appuyer sur le curé et la communauté paroissiale, car d’après lui la vraie compassion est de reconnaitre la difficulté de certaines situations, mais donner l’eucharistie à des « divorcés-remariés » s’apparente à de la démagogie. Il rejoint ainsi la formule de Mgr Aillet : « L’eucharistie n’est  pas un dû mais un don ».

Si chaque cas est unique dans le cadre d’un divorce, il rappelle que l’histoire d’un couple ne change pas la réalité du mariage. Le curé est tenu de dire à celui qui vient le trouver de vivre comme une personne mariée même si l’autre a abandonné le couple.

Il réaffirme sa confiance pleine et entière au pape François. « Malgré quelques différends », il est convaincu que le Saint Père ne changera pas la doctrine de l’Église, « parce qu’il ne le peut pas ». Il affirme ainsi qu’un pontife se doit « d’obéir à la doctrine ».

Un échange sans langue de bois sous le signe de l’authenticité et de la transparence.

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