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Cuba : de nouveaux rapports entre l'Eglise et l'Etat

Le pape François, qui a beaucoup œuvré au rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis, se prépare à une visite dans l’île en septembre prochain. L’Eglise locale, elle, se réjouit déjà des gestes constructifs de l’Etat cubain. 

LE PAPE FRANÇOIS REÇOIT RAUL CASTRO AVANT SA VISITE À CUBA

« Il existe de nouveaux rapports entre l’Eglise et l’Etat sur l’île de Cuba ». Ces mots sont ceux de l’évêque auxiliaire de La Havane, Mgr Juan de Dios Hernandez Ruiz. Il vient en effet d’accorder une entretien à une agence de presse internationale, un mois avant la venue du pape François à Cuba, du 19 au 22 septembre prochains. « Le gouvernement cubain comprend le rôle de l’Eglise catholique », a ajouté l’évêque, « les dialogues sont constructifs ». Preuve en est : les différentes décisions prises récemment par Cuba. Le gouvernement a ainsi permis la construction de nouvelles églises. Il a également restitué aux catholiques certaines propriétés dont ils avaient été expropriés après la révolution de 1959. Autre signe de détente : les religieuses ont désormais le droit de porter assistance aux patients dans les hôpitaux. Des espaces consacrées aux personnes âgées commencent également à voir le jour, sous l’assistance de l’Eglise. Le vieillissement de la population est l’un des défis auxquels l’île est aujourd’hui confrontée.

Une visite pour l’histoire

En ce mois d’août 2015, le Vatican et Cuba célébrait 80 années de relations diplomatiques ininterrompues depuis 1935, relations instaurées sous le pontificat de Pie XI. La diplomatie du Saint-Siège a joué un rôle notable dans le rapprochement entre Etats-Unis et Cuba. Un rôle qui a débuté dans les années 60. Ainsi, en 1962 lors de la crise des missiles dans la baie des cochons, Jean XXIII fut le premier a lancé un appel à la paix. En 1996, Jean-Paul II rencontrait Fidel Castro, rompant ainsi l’isolement de l’île communiste. En 1998, la nouvelle venue de Jean-Paul II redonnait visibilité et légitimité à l’Eglise locale. Quant au pape François, il s’est personnellement investi dans le rapprochement américano-cubain. Raul Castro n’a d’ailleurs pas manqué de paroles chaleureuses à l’égard du pontife. Enfin, le Vatican s’est toujours opposé à l’embargo de l’île, embargo « qui frappe les innocents », tout en sa gardant d’approuver les orientations idéologiques et politiques de Cuba. C’est dire le symbole de la venue en septembre du Saint-Père, à Cuba tout d’abord, puis ensuite aux Etats-Unis.

Sources : News.Va, Radio Vatican