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"René Girard, le Darwin des sciences humaines"

Journalistes et écrivains tous les deux, Jean-Marie Bastière et Jean-Claude Guillebaud ont eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises leur ami, l’académicien René Girard. Ils nous racontent comment cet homme les a marqués. 

L’académicien aura écrit près de 40 ouvrages, professeur à l’université de Stanford, René Girard a marqué le XXIème siècle par sa pensée. Pour lui pas question que les sciences humaines dominent les Évangiles, il prône l’inverse avec notamment le désir mimétique.

Quand, à 18 ans, Jean-Marc Bastière entre dans une librairie et tombe sur un livre de René Girard « des choses cachées  depuis la fondation du monde », après quelques pages,  c’est comme si la foudre lui était tombé dessus. « Une révélation sur la nature humaine » nous dit-il, « une révélation sur l’humanité parce que je trouvais que ce qu’il disait, était limpide ». Chez Jean-Claude Guillebaud, ami de longue date de l’académicien, c’est un retour dans la religion qui l’a marqué: « je lui dois d’être revenu à la foi chrétienne. Je faisais partie de la génération des soixante-huitards , plus ou moins sécularisé comme beaucoup de jeunes de mon âge« . Progressivement en lisant ces livres, Jean-Claude Guillebaud prend conscience de la pertinence du message évangélique et « redevient chrétien ». D’ailleurs Jean-Marc Bastière retient la même chose, un accomplissement de la pensée, qu’il a pu approfondir et qui, aujourd’hui, est arrivé à maturité.

Pour eux, René Girard restera le plus grand théoricien européen de la non-violence.  Le penseur disait au journal Liberté politique en juin 2000 que « tout l’enseignement prophétique consiste à prêcher le renoncement individuel à la violence, seule garantie à son éradication (…) face au danger de mimétisme universel de la violence, vous n’avez qu’une réponse possible: le christianisme ». Le christianisme, la foi, toute une partie de sa vie. La Bible, seule moyen à ses yeux de sortir l’homme de la violence, « son oeuvre tourne autour de ça, et on pourrait le résumer en se demandant comment chaque société se débrouille pour contenir, pour limiter la violence qui l’habite » souligne Jean-Claude Guillebaud, « si je devais résumer Réné Girard, c’est tout simple: la foi chrétienne et la non-violence ». Michel Serres, ami de l’académicien, le surnommait le « nouveau Darwin des sciences humaines ». À l’image du biologiste, lui aussi s’était attiré les foudres de ses contemporains. Aujourd’hui, les grands penseurs lui rendent hommage. L’immortel est monté au ciel.

A écouter : René Girard dans notre émission Face aux chrétiens.