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Gaspillage alimentaire : les solutions du rapport Garot

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Le député PS Guillaume Garot a remis mardi dernier au gouvernement son rapport sur le gaspillage alimentaire.

Diminuer de moitié le gâchis alimentaire d’ici à 2025 comme l’avait énoncé le Parlement européen en 2012, « exige une évolution des modes de production et de consommation  » et « une véritable mobilisation collective« , assure Guillaume Garot, ancien ministre chargé de l’agroalimentaire. Aujourd’hui député PS de Mayenne, Guillaume Garot avait été missionné en octobre dernier par le premier ministre Manuel Valls. Il a rendu ses propositions à la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal et au ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ce mardi.

Vers une interdiction de jeter pour les grandes surfaces

Il faut désormais « passer à une vitesse supérieure et mettre chacun devant ses responsabilités », estime-t-il, depuis le producteur agricole jusqu’au consommateur, en passant par les transformateurs et les distributeurs. Ainsi, la proposition majeure de ce rapport préconise l’interdiction pour la grande distribution de jeter ses invendus. « Cette interdiction est légitime car il existe un éventail de solutions permettant d’éviter le gaspillage, insiste l’ancien ministre. « Il s’agit d’une obligation à mieux gérer ses stocks et ses rayons, et ensuite à valoriser ses invendus sous forme de don, de recyclage en alimentation animale ou d’énergie« .
Cette interdiction doit selon lui, être assortie de sanctions en cas de non-respect. Dans son rapport, Guillaume Garot propose alors de rendre obligatoire le don des invendus alimentaires consommables, « dès lors qu’une ou plusieurs associations caritatives en font la demande ». Des contreparties tels que des défiscalisations pourraient alors être instaurées. A condition évidement d’un gage de qualité : « Le don doit être directement exploitable par les associations. Celles-ci ne doivent pas avoir besoin de trier les denrées qui leur ont été cédées pour séparer ce qui est consommable et ce qu’il ne l’est plus (dates de péremption dépassées, fruits et légumes écrasés…) »,  soutient-il.

jacques-bailet-president-directeur-general-de-medica_101Selon Jacques Bailet, président de la Fédération Française des Banques Alimentaires (FFBA), le rapport doit permettre de diversifier les denrées distribuées.

carréJeanbw-200x200Selon Jean Moreau, co-fondateur de Phénix, une entreprise spécialisée dans la réduction des déchets et dans la lutte contre le gaspillage alimentaire – notamment en mettant en relation les acteurs de la grande distribution avec des circuits de seconde vie (associations, alimentation animale, déstockage, composte) – le rapport Garot n’est pas suffisant. Il doit s’accompagner d’un changement des mentalités.

 

Plus de javel dans les aliments

Guillaume Garot souhaite aussi rendre possible pour les industriels de l’agroalimentaire le don des produits de marque de distributeurs refusés. « Aujourd’hui, une palette de produits refusée, parce qu’elle arrive une heure en retard ou qu’un pack est mal étiqueté, doit être détruite alors même que la qualité sanitaire des produits n’est pas remise en cause. Il y a là un gisement considérable de denrées alimentaires qui pourraient être données. Chaque année, quelque 4 000 tonnes de produits laitiers sous marque distributeur, soit plus de 30 millions de pots de yaourts, sont ainsi détruits ! ».

Le rapport veut empêcher la destruction des produits non conformes pour date de péremption dépassée, mauvaise conservation ou manipulation. Mais aussi interdire la pratique consistant à dénaturer les aliments en les aspergeant d’eau de javel ou de toute autre substance, pour les rendre impropres à la consommation. « Cette pratique fréquente soustrait des aliments encore consommables à un don potentiel, ou toute valorisation en alimentation animale ou dans des circuits de méthanisation », insiste le député.

Des chiffres accablants

En France, plus de 7 millions de tonnes de déchets sont jetés tout au long de la chaîne alimentaire. Ce gâchis représente vingt à trente kilos de nourriture par Français et par an, dont sept sont encore emballés, ainsi qu’une perte de plus de 400 euros par an et par foyer. A l’échelle mondiale, des études de la FAO (Food and Agriculture Organization) ou l’institut de l’eau de Stockholm ont démontré que jusqu’à 50 % de la production alimentaire est gaspillée, perdue ou jetée entre le champ et l’assiette. L’Europe fait partie des régions gaspillant le plus (95 kilos par personne et par an), derrière l’Amérique du Nord et l’Océanie (115 kilos par personne et par an).

Sources : Le Monde, 20 minutes, L’Express