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Les jeunes et les supports digitaux : les défis des radios chrétiennes

Si l’audience semble se maintenir, les radios chrétiennes ont du mal à conquérir de nouveaux auditeurs, notamment chez les jeunes. C’est ce qui ressort de l’étude rendue publique par l’institut CSA pour la FFRC.

 

A la Conférence des Evêques de France, la présentation de l'étude de l'institut CSA pour 2014 sur les radios chrétiennes
A la Conférence des Évêques de France, la présentation de l’étude de l’institut CSA pour 2014 sur les radios chrétiennes

A la demande de la Fédération Française des Radios Chrétiennes, une nouvelle étude Notoriété, Audience et Image des Radios Chrétiennes a été réalisée, du 1er au 13 décembre 2014, par le Pôle Media, Publicité et Nouvelles Technologies de l’institut CSA, sous le monde de l’interrogation téléphonique. Ce sont ainsi pas moins de 4003 Français âgés de 15 ans et plus qui ont été contactés. Si près de 40 % d’entre eux ont dit connaître une radio chrétienne, l’étude  souligne également qu’un tiers des chrétiens fréquentant un office ne connaissent aucune radio chrétienne. Il y a donc un fort potentiel de notoriété. Sans surprise, ce sont chez les plus de 65 ans que l’audience est la plus élevée (2,8 %). L’écoute est plus importante de le week-end. L’étude met en valeur la stabilité de l’audience, mais ce n’est qu’une stabilité de façade. En effet, on constate que l’audience du cœur de cible,que sont les plus de 65 ans, s’étiole : alors qu’elle atteignait 23 % d’écoute tous les jours ou presque, elle n’est plus qu’à 15 % en 2014. Une perte qui n’est pas compensée par le réservoir : il faut, d’une part, conquérir les jeunes (les 15-34 ans ne représentent que 6 % des auditeurs et les 25-34 ans sont 9 %) et d’autre part, éviter de perdre les occasionnels, notamment chez les 35-49 ans.Csa_RGB-Fond-Transparent-1000px

Que viennent-ils écouter sur une radio chrétienne ? En priorité de la musique. Ils viennent ensuite y trouver de l’information locale, de la culture, de l’information nationale et internationale. Dans un second temps, les centres d’intérêt sont la vie sociale et associative, l’environnement, la politique et l’économie, ainsi que les informations religieuses et les témoignages. Enfin, dernières thématiques : la vie des églises, les émissions pour la jeunesse et la prière.

Des radios chrétiennes perçues comme crédibles et enrichissantes

Lorsque l’institut CSA a demandé au panel ce qu’il pensait des radios chrétiennes, 92 % des personnes interrogées ont répondu les juger « crédibles », 91 % « enrichissantes » et 91 % « chaleureuses ». En revanche, ils sont 69 % seulement à les juger « modernes », 65 % « rythmées » et 63 % « tournées vers les jeunes ». Pourquoi écoutent-ils une radio chrétienne ? Parce qu’ils se posent d’abord et avant tout des questions sur le sens de la vie. Ensuite, parce qu’il n’y a pas ou ou de publicité, pour l’ouverture, pour des informations que l’on ne trouve pas ailleurs et enfin pour le partage des valeurs. Les radios chrétiennes sont essentiellement perçues comme étant « une fenêtre sur le monde » et « un espace d’échanges et de dialogues ». Et, à l’avenir, les auditeurs souhaiteraient qu’elles incarnent davantage une « boussole », qu’elles indiquent des caps et représentent clairement des valeurs.

head_ffrc1La conquête des 15-34 ans : les nouveaux supports digitaux

La durée d’écoute, elle, reste stable par rapport à la précédente étude datant de 2012 : 98 minutes par jour. le pic d’écoute à lieu le matin, entre 6 et 11 heures (59 % du total auditeurs et 67 % des auditeurs réguliers). Vient ensuite la tranche de 19 heures- minuit (17 % du total auditeurs et 22 % des réguliers), puis la tranche 18-20 heures (15 % des auditeurs). En dehors de modalités d’écoute classique à la maison et en voiture, les nouveaux supports digitaux (ordinateur, mobiles, tablettes) ne cessent de croître, ils sont notamment les premiers outils utilisés par les 15-34 ans (un quart d’entre eux utilisent un ordinateur pour écouter leur radio chrétienne). Un tiers des auditeurs se sont connectés aux sites internet des radios chrétiennes, alors que 54 % ne s’y sont jamais rendus, n’y voyant aucun intérêt.

Mieux se faire connaître pour être plus visibles

Avec l’évolution de la démographie et de la consommation des médias, la télévision et la radio sont désormais en concurrence. Tout va donc se jouer sur le poids de la marque, l’ADN restant encore et toujours les valeurs chrétiennes. La pratique religieuse étant de moins forte chez les jeunes (les 16-25 ans sont désormais 20 % à se dire musulmans et ne sont plus que 28 % à se dire catholiques), les générations à venir sont moins converties, nous ne sommes plus dans la transmission mais dans la transmutation. Tout cela passe pour une plus forte communication : aller davantage chercher les personnes aux portes des lieux de culte, sortir des stations pour plus de visibilité et de proximité. Il faut jouer non seulement sur le fond, la ligne éditoriale, mais aussi sur la forme, c’est-à-dire le ton, pour donner envie. la conquête de nouveaux auditeurs, notamment des jeunes, passe aussi par un investissement dans les supports digitaux et une meilleure information concernant applications pour mobiles et tablettes : aujourd’hui encore, 68 % des auditeurs n’en ont pas téléchargées.

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