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Attentats à Paris : où en est l'enquête ?

Vendredi, la France a connu la pire attaque terroriste de son histoire. Six attaques ont eu lieu au même moment à Paris et une à Saint-Denis. Les attaques ont eu lieu entre 21h20 et minuit. Le bilan, toujours provisoire, fait état de 129 morts, 352 blessés dont 99 en « urgence absolue ». En France, mais aussi en Belgique, l’enquête se poursuit. Le point à 11h30.

Le procureur de la république de Paris, François Molins, a tenu hier soir, à 19h00, une conférence de presse. Il y a fait un premier point sur les événements de vendredi 13 novembre et l’avancement de l’enquête.

Le procureur de Paris a confirmé qu’il y avait eu 3 commandos lors des attaques terroristes de vendredi soir. Ces 3 équipes ont mené des « actions coordonnées ». Tous les djihadistes étaient armés du même type d’arme, mais surtout des mêmes gilets explosifs. Sept terroristes ont été tués vendredi soir, 6 d’entre eux se sont fait exploser.

Première équipe dans les 10e et 11e arrondissement

Le 1er commando était à bord d’une Seat noire. C’est ce commando qui a pris pour cible, depuis la voiture, les personnes attablées aux terrasses des bars et restaurants dans les 10e et 11e arrondissement, notamment Le Petit Cambodge ou la Belle Equipe. Cette voiture, la Seat noire, avait disparu vendredi soir après les attaques. Les services de police avaient lancé un avis de recherche dès le 13 novembre. Elle a finalement été retrouvée ce dimanche matin à Montreuil. Les enquêteurs y ont retrouvée plusieurs kalachnikovs.

Deuxième commando au Bataclan

Le 2e commando est arrivé dans une Polo noire devant la salle de spectacle du Bataclan. 3 hommes sont sortis de cette voiture. Ils ont alors fait feu dans le Bataclan, ils ont rassemblé le public et tiré sur la foule. Il y a au moins 89 morts rien qu’au Bataclan. Les terroristes de ce 2e commando se sont fait exploser vendredi soir. Du côté de cette équipe de djihadistes kamikaze, il y a deux éléments dans l’enquête :

  • Un des djihadistes du Bataclan était un Français et a été identifié

Il s’agit de Omar Ismaïl Mostefaï. C’est un Français, de 29 ans et originaire de Courcouronnes dans l’Essonne. Il vivait ces dernières années dans le quartier de la Madeleine à Chartres (Eure-et-Loire). Il s’est fait exploser au Bataclan mais a été identifié grâce à ses empreintes digitales. Il était connu de la justice pour des délits de droit commun, condamné à 8 reprises, mais jamais incarcéré. Il faisait cependant l’object d’une fiche S depuis 2010, pour sa radicalisation, mais il n’avait jamais été impliqué dans une filière terroriste. D’après les informations du journal Le Monde, Osmar Ismaïl Mostefaï aurait séjourné en Syrie entre l’automne 2013 et le printemps 2014. A son retour en France, il se serait installé à Chartres et était surveillé pour sa proximité avec un petit groupe de salutistes.

Samedi, deux membres de son entourage ont été placé en garde à vue, son père et son frère. Les enquêteurs cherchent à en savoir plus sur le profil et le parcours de cet individu. Ce dimanche matin, des sources judiciaires ont indiqué à l’AFP que 6 personnes de l’entourage du djihadiste français étaient en garde à vue et entendues par les enquêteurs.

  • Le volet belge de l’enquête

3 personnes ont été arrêtées samedi matin à la frontière franco-belge, non  loin de Bruxelles. L’un d’eux est Français. D’après le procureur de Paris, c’est lui qui a loué la Polo noire utilisée pour l’attaque du Bataclan. Ces 3 personnes sont depuis entendues par les enquêteurs belges, en lien avec les autorités françaises. Les autorités cherchent à en savoir plus sur leur participation aux attaques de Paris. Ils auraient au moins été complices, mais les enquêteurs s’interrogent sur la possibilité qu’ils fassent du partie du 1er commando, celui qui a pris pour cible les terrasses des cafés et bars dans le 10e et 11e arrondissement.

Par ailleurs, les enquêteurs belges ont mené des arrestations et des perquisitions dans la ville de Molenbeek en Belgique.

L’équipe et les explosions au Stade-de-France

La 3e équipe serait celle de Saint-Denis. Trois kamikazes ont actionné leur ceinture explosive aux abords du Stade de France, à 21h20, 21h30 et 21h53. Les trois djihadistes sont morts et ont fait une victime. Un passeport syrien a été retrouvé à proximité du corps d’un des terroristes. C’est le passeport d’un homme, syrien, né en 1990. Ce passeport a été enregistré en Grèce en octobre dernier. Mais à l’heure actuelle, il n’existe aucune certitude que ce passeport appartienne au djihadiste et qu’il soit arrivé en France avec les migrants. En effet, les djihadistes n’ont généralement pas besoin de se cacher pour arriver en France. Mais surtout, il faudra attendre les analyses ADN car on sait qu’il y a un important trafic de passeport au sein des filières de migrants.

L’enquête se poursuit donc tant en France qu’en Belgique pour faire toute la lumière sur les attaques sanglantes qui ont eu lieu vendredi soir à Paris.

Sources : Le Monde, AFP, France Info

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