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Attentats à Paris : comment en parler aux enfants ?

« Les méchants, c’est pas très gentil… C’est pour nous protéger les fleurs et les bougies » : l’émouvante réaction d’un enfant après les attentats qui ont frappé Paris. Comment aider les enfants à verbaliser leur peur, que leur dire ?

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« Il ne faut pas laisser l’enfant donner libre-cours à des fantasmes qui peuvent être très angoissants et les remplacer par quelque chose qui est de l’ordre de l’espérance », souligne Rita de Roucy, psychologue, psychothérapeute, professeur d’université et chercheur. Elle était ce mardi 17 novembre, l’invitée de Léo Potier dans En Quête de Sens. « On ne peut parler à un enfant de 4- 5 ans comme à un enfant de 13-14 ans ». Pour évoquer les terroristes, il faut évoquer le « mal-être de ces gens, quand on n’a ps de mal-être », dit-elle, « on ne peut pas faire du mal… Ils ont le coeur fermé comme les yeux fermés ». Rita de Roucy, il faut aussi leur dire que nous serons protéger parce que le gouvernement et l’Etat assurent notre sécurité. « Les enfants ne sont pas limités, ils comprennent différemment de nous, très souvent ils sentent, et donc on ne peut pas leur raconter des choses qui ne sont pas vraies ».

Nathalie, mère de 8 enfants : « J’ai béni pour une fois les portables », explique-t-elle. Le vendredi soir, elle a fait partie des nombreux parents qui ont joint leurs ados pour savoir où ils étaient. « Ma plus petite a 8 ans. certains ont besoin de détails, certains ont besoin d’extérioriser leur angoisse, d’autres se taisent mais ont besoin qu’on leur accorde une place pour les écouter… On a limité les images à la télévision. Il y a un danger à travers ces images. On leur a dit que pour nous, chrétiens, nos armes étaient la prière et l’eucharistie qui donnent la véritable paix ».

Une auditrice témoigne : « Il faut répondre à leurs questions, pas accumuler les informations. Leur dire que c’est normal d’être triste et dans la compassion, c’est ça être vivant, c’est prendre soin des autres… Quand ils ont passé le cap, c’est fini ». 

Abbé Thierry Laurent, aumônier au collège Stanislas : « Il faut pouvoir les laisser s’exprimer », quelque soit la forme d’expression : les plus petits peuvent faire un dessin. « C’est un réflexe sain d’avoir peur. L’indignation, la peur, la colère sont des émotions naturelles… Il faut aller plus loin et se demander : quelle est notre espérance, notre raison de vivre ? »