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Indonésie: tensions entre chrétiens et musulmans

(Dian Majni/AFP)
Destruction d’une église chrétienne par les force de l’ordre indonésiennes (Dian Majni/AFP)

Aceh, province du nord-ouest de l’île de Sumatra, connaît un nouveau regain de violences depuis lundi. Des affrontements entre chrétiens et musulmans ont éclaté après la destruction d’une église.

Arguant des absences de permis de construire, les autorités locales ont passé un accord avec les responsables catholiques, la semaine dernière, pour la destruction de dix lieux de culte. À la suite de cet accord, des jeunes, répondant à l’appel d’une association étudiante musulmane, se sont rassemblées et ont incendié une église protestante. Des affrontements entre chrétiens et musulmans ont éclaté, faisant un mort et des blessés. Néanmoins, cette violence est à mettre au compte d’extrémiste, car « l’islam se pratique de manière paisible dans cette région »  souligne Régis Anouilh, rédacteur en chef d’Eglise d’Asie.

Pour comprendre la situation actuelle, il faut savoir qu’Aceh est une province un peu unique en Indonésie puisqu’elle est autonome. Composée à 98 % de musulmans et  1 % de catholiques, si on ne peut parler de persécutions, il faut souligner toutefois que la liberté religieuse est un point noir dans la province. En cause, un accord de 1979 qui limite la construction de lieu de culte chrétien comme nous l’explique Régis Anouilh « cet accord veut que chaque district, une trentaine, soit limité à une église et quatre chapelles qu’elle soit protestante ou catholique ».

Problème, l’obtention d’un permis de construire, en bonne et due forme, est difficile pour les minorités chrétiennes. Depuis 2006, un décret les limite et lorsqu’ils sont délivrés, les tribunaux peinent à les appliquer. Régi par la charia, l’appareil judiciaire se soumet à la majorité musulmane. « Il suffit que quelques musulmans extrémistes tapent du poing pour geler le processus d’obtention » explique le rédacteur en chef d’Eglise d’Asie, « les violences de ces derniers jours sont dommageables d’ailleurs ».

Des violences dénoncées par des responsables musulmans, le président du MUI (Conseil des oulémas d’Indonésie) a demandé aux musulmans d’Aceh de laisser les autorités régler le problème. Sept églises seront détruites par les forces de l’ordre indonésiennes dans les prochains jours.