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"De bons serviteurs, pas de bons patrons"

Samedi 22 février, 19 nouveaux cardinaux ont été créés lors d’un consistoire. L’occasion pour le pape François de leur rappeler leur rôle et leur mission.


La cérémonie s’est déroulée samedi matin en la Basilique Saint-Pierre, en présence du pape émérite Benoît XVI. Egalement présentes, les délégations officielles des 15 nations d’origine des cardinaux, en présence des présidents du Brésil et d’Haïti, Dilma Rousseff et Michael Martelly.

Le pape François a donc remis à chaque nouveau cardinal la barrette – coiffe rouge à quatre bords – l’anneau cardinalice et son titre. Seize nouveaux électeurs sont ainsi entrés au Sacré collège, tandis que trois autres sont devenus cardinaux émérites dans droit de vote en cas de Conclave.

Au cours de la célébration, le Saint-Père a rappelé, dans son homélie, ce que devait être la mission des cardinaux.

« Marchons ensemble derrière le Seigneur ! »

Citant l’Evangile selon Marc (« Jésus marchait devant eux » – Mc 10,32), le pontife a redit que Jésus marchait devant chacun d’entre nous. « Il est toujours devant nous et nous ouvre la voie. Être ses disciples, demeurer avec lui, marcher derrière lui, le suivre », voilà notre « confiance et notre joie », a ajouté le pape François. Il a ensuite appelé les cardinaux et les évêques présents à se laisser « convoquer par le Seigneur », à écouter « sa Parole » et celle de l’Esprit Saint, « pour devenir toujours plus un seul cœur et une seule âme, autour de lui ». « L’Eglise a besoin de vous, de votre collaboration, et plus encore de votre communion, communion avec moi et entre vous », a souligné le Saint-Père, « l’Eglise a besoin de votre courage, pour annoncer l’Evangile en toute occasion, opportune ou inopportune, et pour rendre témoignage à la vérité ».

Compassion et prière

« L’Eglise a besoin de votre compassion surtout en ce moment de douleur et de souffrance dans de nombreux pays du monde ». Le pape François a une fois de plus souligné l’importance de la prière pour « tout homme et toute femme qui subit l’injustice à cause de ses convictions religieuses ». « L’Eglise a besoin de nous aussi pour que nous soyons des hommes de paix et fassions la paix pour nos œuvres, nos désirs, nos prières ». Et le Saint-Père de conclure : « Convoquons la paix et la réconciliation pour les peuples qui en ce temps sont éprouvés par la violence et la guerre ».

Lors de la messe, célébrée dimanche 23 février, avec les nouveaux cardinaux, le pape François a profité de son homélie pour rappeler qu’« être saints n’est pas un luxe, c’est nécessaire pour le salut du monde ». Il a également souligné qu’un cardinal « entre dans l’Eglise de Rome, il n’entre pas dans une cour ». Une façon d’alerter chacun à ne pas tomber dans les « intrigues, bavardages, cercles favoritismes, préférences » qui prévalent dans un système de cour. « Jésus n’est pas venu pour nous enseigner les bonnes manières, des manières de salon! Pour cela, il n’y avait pas besoin qu’il descende du Ciel et meure sur la Croix. Le Christ est venu pour nous sauver, pour nous montrer le chemin, l’unique chemin de sortie des sables mouvants du péché, et ce chemin, c’est la miséricorde. Être saints n’est pas un luxe, c’est nécessaire pour le salut du monde ». L’essentiel pour chacun, selon le pontife, est donc de faire « un travail de conversion des cœurs », en fondant nos attitudes sur « celles des Béatitudes » et « notre toute sur celle de la sainteté ».

Enfin, lors de l’Angélus du dimanche, le Saint-Père a insisté sur la notion d’unité dans l’Eglise, « qui est plus importante que les conflits ». « La vocation d’un cardinal est d’être un serviteur au nom de Dieu, de bons serviteurs, pas de bons patrons ! », a lancé le pontife.