le direct Musique sacrée

Le pape devant la communauté Sant'Egidio : "Aider l'Europe à retrouver ses racines"

edigio2

Des milliers de membres de la communauté italienne sont venus à la rencontre du Saint-Père, ce 15 juin. François a dénoncé une culture rejetant à la fois les jeunes et les personnes âgées.

La communauté Sant’Egidio est née il y a plus de 45 ans dans le quartier populaire romain de la Trastevere. C’est donc dans la basilique Sainte-Marie-en-Trastevere que le pontife a donné rendez-vous à ses membres, ce dimanche 15 juin après-midi. Et c’est le fondateur de la communauté, Andrea Riccardi, qui l’a accueilli vers 16h30 sur la place Saint-Calixte, au milieu d’une foule de personnes immigrées, handicapées ou pauvres, autant de personnes aidées par Sant’Egidio et formant le visage de l’Église. Parmi elles notamment, des rescapés du drame de Lampedusa, remontant au 3 octobre dernier. Également présents, des membres de la communauté juive, mais aussi l’archevêque syro-orthodoxe de Damas qui a demandé que l’on prie pour son peuple, « otage de la guerre ». Autre témoignage, celui d’une femme de 90 ans, remerciant le pape pour son attention aux plus âgés. Puis le témoignage d’une jeune fille de 12 ans, d’un chômeur de 28 ans, d’une femme handicapée de 58 ans, d’un Rom accompagné de son fils, un réfugié afghan et un Salvadorien. Prenant la parole, le pape François a d’abord tenu à remercier la communauté Sant’Egidio pour son action aux « périphéries du monde », auprès des plus pauvres et pour la paix.

Le pape fustige « la culture du rejet »

Une fois encore, le Saint-Père a dénoncé une Europe incapable de prendre en charge ses jeunes comme ses personnes âgées : c’est pourtant un « indicateur de la qualité d’une société », a souligné le pontife, « lorsque les personnes âgées sont écartées, isolées et s’éteignent parfois sans affection, c’est mauvais signe », a-t-il souligné. C’est donc à « l’alliance entre jeunes et vieux » que François a appelé, rappelant qu’un peuple qui ne protégeait pas ses personnes âgées et ne prenait pas soin de ses enfants, était « un peuple sans avenir, un peuple sans espérance, parce que les jeunes et les vieux font avancer l’histoire ». Une société sans mémoire, est une société finie, a souligné le Saint-Père, dénoncé une « forme d’euthanasie cachée » à l’égard des plus âgés. Au centre de l’économie mondiale, il n’y a pas l’homme et la femme mais « l’argent idole », a expliqué le pape. Le système en place écarte ainsi les enfants et les personnes âgées. « Celui qui ne sert pas on le rejette, celui qui ne produit pas on le rejette ». Et le pape François d’avoir une pensée particulière pour les « ni, ni » : « ces 75 millions de jeunes jusqu’à 25 ans qui n’ont ni travail ni études ». Le pape l’a répété : l’Europe est aujourd’hui « fatiguée ». Pire encore : elle « a renié ses racines« . Ce sont ces racines qu’il faut l’aider à retrouver, a lancé François.

Une prière pour « les peuples en guerre »

A la fin de cette rencontre, le pontife a invité l’assemblée à prier pour tous les « peuples en guerre«  : l’Irak, l’Ukraine, le Nigeria, la Centrafrique et bien sûr la Syrie. « La prière est l’arme que nous avons pour toucher le cœur de Dieu », a souligné François, avant de conclure : « Priez pour moi, car vous savez que mon travail est un travail insalubre, alors j’ai besoin de vos prières extraordinaires ! ».

Sources : I.Media, News.va