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L'Association internationale des exorcistes reconnue par le Saint-Siège

La Congrégation pour le Clergé vient d’approuver les statuts juridiques de l’AIE. L’Association a été fondée en 1990 par le père Gabriele Amorth. Elle regroupe 250 exorcistes dans plus de 30 pays.

Le décret a été signé ce 13 juin 2014 : le Vatican reconnaît officiellement l’Association internationale des exorcistes. Rappelons que l’AIE a été créée en 1990 par le prêtre français René Chenesseau et le père Gabriele Amorth, actuel exorciste de Rome, dans un seul but : mieux coordonner les activités des « chasseurs de démons » en Italie et dans le monde.

Francesco Bamonte, a professor at Rome's Regina Apolostolorum pontifical university, holds an invert..

« L’exorcisme est une forme de charité au bénéfice de personnes qui souffrent de profonds troubles intérieurs » – Le père Francesco Bamonte, président de l’AIE.

Le rituel de l’exorcisme

L’exorcisme est une pratique très ancienne dans l’Église, qui n’est pas toujours admise ou acceptée par tous. Il consiste à « chasser les démons », forces du mal qui « possèdent » une personne. Réservé à certains prêtres, ce rituel de libération est encadré par un mode d’emploi datant de 1614 et dont une nouvelle édition a été publiée en 1999 par le Saint-Siège : il y a moins d’injonctions à Satan, mais davantage de prières s’adressant à Dieu, il y a également une distinction entre maladie psychique et possession. On est donc bien loin de l’image dépassée qu’incarne le célèbre film L’Exorciste. Les prêtres exorcistes ont le devoir « d’accompagner avec humilité, foi et charité ces personnes qui ont besoin d’une attention spirituelle et pastorale particulière, afin de les soutenir et de les encourager sur le chemin de la libération, et pour réveiller en eux l’espoir », a expliqué le Père Bamonte.

En France, les 104 diocèses ont chacun leur prêtre exorciste, spécialiste de ce rituel. Ils ont tous été nommés par leurs évêques. Ils n’étaient qu’une trentaine il y a 30 ans.

« Le syndrome d’une société en crise »

Pour le Père Francesco Bamonte, la reconnaissance des statuts de l’AIE est « une source de joie pour toute l’Eglise ». Interviewé par L’Osservatore Romano, il a par ailleurs dit espérer que « d’autres prêtres se rendront compte de cette réalité dramatique, souvent ignorée et sous-évaluée« . « Ce phénomène est le syndrome d’une société en crise, en perte de repères », a récemment expliqué l’historienne Florence Chave-Mahir, interrogée par Le Monde. Le prêtre exorciste de Nice, le Père Jean Bernardi, a quant a lui souligné que sa « consultation » avait presque doublé en cinq ans (de 300 à 500 appels par an) : « Les personnes ne savent plus à quel saint se vouer, si on peut dire, et pensent qu’on va miraculeusement les guérir ». De son côté,  Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France affirme : « face à l’impasse existentielle resurgit l’hypothèse maléfique ».

Le pape François évoque souvent les dangers du « malin »

Le-pape-Francois-n-a-pas-pratique-un-exorcisme-lors-de-la-messe-de-Pentecote_article_mainA de nombreuses reprise, le Saint-Père a parlé de la présence nocive de celui qu’il appelle le « malin », le « démon » ou encore « Satan ». Peu de temps après son élection, lors de la messe de Pentecôte place Saint-Pierre, François avait ainsi imposé ses mains sur le tête d’un homme en fauteuil roulant, un Mexicain père de famille de 43 ans dit « possédé » par quatre démons (selon les propos de son prêtre accompagnateur). Une scène que certains avaient qualifié de rituel exorciste, ce que le Vatican avait aussitôt démenti.

Sources : Le Monde, le Figaro, Aleteia, L’Osservatore Romano