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Canonisation : mode d’emploi pour devenir un saint

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Le 27 avril prochain, seront canonisés au Vatican Jean Paul II et Jean XXIII. Deux canonisations qui bousculent un peu la procédure habituelle. Explications.

D’ordinaire, c’est au terme d’un long processus d’enquête, et d’études que l’Eglise catholique décide de canoniser ou non une personne. Le but est bien entendu de montrer aux fidèles que la sainteté n’est pas un concept abstrait, et impossible à atteindre. Et pour être canonisé, il faut que les autorités ecclésiastiques puissent reconnaître l’existence de deux miracles.

Serviteur de Dieu

Dans le long processus de canonisation, tout part de la « réputation de sainteté » d’une personne. Si elle est établie, la personne en question sera tout d’abord appelée par l’Eglise « serviteur de Dieu ». C’est à partir de là que l’enquête proprement dite peut débuter. L’entourage du défunt, que ce soit sa famille ou ses proches, contacte un  évêque ou un supérieur de congrégation religieuse, afin que ces derniers puissent confier à un « postulateur » une enquête à mener en recueillant des témoignages, des écrits, tout ce qui pourrait permettre de déblayer le terrain autour de la prétendue sainteté de la personne.

Vénérable

D’ordinaire, l’ouverture d’une enquête prend au moins cinq ans, voire plus, comme c’est souvent le cas. Toutefois, le délai en question n’a pas été respecté pour Mère Theresa, ni pour Jean Paul II. Une fois le dossier constitué, il est envoyé au Vatican de la localité où l’enquête a été menée. Une fois à Rome, c’est la Congrégation pour la cause des Saints qui prend l’affaire en main. Cette congrégation étudie de nouveau le dossier, en compagnie d’historiens et de théologiens.

Une fois cette étape franchie, le dossier arrive entre les mains du Promoteur de la foi, qui reprend l’examen entier de l’affaire, en cherchant notamment ce qui aurait pu avoir été laissé de côté, ou faire de l’ombre à la canonisation du candidat. Une vraie tache d’avocat du diable… Toutefois, si le dossier est validé par le Promoteur de la foi, alors le candidat à la sainteté est déclaré « vénérable ».

Bienheureux

Mais pour autant, le plus dur n’est pas encore arrivé. Reste les miracles à accomplir. Ces derniers devront être accomplis grâce aux prières adressées au candidat, de son vivant. Cette enquête délicate est menée à partir du dossier médical d’un miraculé, avec une batterie d’experts, de médecins, et de théologiens. Cette étape n’est pas simple, les critères médicaux sont assez sévères. Et il arrive régulièrement que de nombreux prétendus miracles soient recalés.

Toutefois, si l’équipe en charge de l’étude du miracle donne son accord, alors évêques et cardinaux peuvent décider ou non de proposer le candidat à la béatification. Ensuite, avec l’accord du pape, le « vénérable » devient alors « bienheureux ». A partir de là, en route vers la dernière étape. Pour accéder à la canonisation, il faudra enfin qu’un second miracle soit accompli après la béatification, par l’intercession du « bienheureux ». Ce qui fut le cas pour Jean-Paul II, pas pour Jean XXIII, le pape François ayant décidé de canoniser ce dernier sans un second miracle.

D’autres voies vers la sainteté

Cependant cette longue procédure n’est pas la seule en vigueur. D’autres voies existent, bien que plus rares. Comme par exemple l’équipollente. François y a déjà eu recours quatre fois. Dans ce cas, pas besoin de miracle, la réputation du candidat fait foi, et c’est le pape qui décide par décret d’étendre à l’Eglise universelle le culte liturgique d’une personne. Benoît XVI s’est servi de cette procédure pour Hildegarde Von Bingen par exemple.

Une autre voie, toujours d’actualité dans certains coins du globe, est celle des martyrs. Morts pour la haine de leur foi. Le martyr fait ici office de premier miracle, et permet la béatification. Le second miracle est cependant toujours nécessaire pour la canonisation.

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