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Divorcés-remariés : un problème de communion ?

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Lundi, dans Le Débat du Soir, Alexandre Meyer et ses invités sont revenus sur la première partie du synode sur la famille. Et ils ont mis en lumière le lien entre le libre-accès à l’eucharistie et le problème des divorcés-remariés. Explications.

Le paragraphe portant sur l’accès à la communion des divorcés-remariés n’a pas recueilli la majorité nécessaire pour figurer dans ce rapport final. Cette question des divorcés-remariés a divisé l’assemblée du synode, mais elle a soulevé chez nos invités une autre question.

Les divorcés-remariés exclus de l’Eglise ?

Pour Christine Pedotti, membre du comité de rédaction de Témoignage Chrétien, le divorce est un phénomène qui touche toutes les familles, personne n’est épargné par cette question. Ces divorcés ne sont pas des dépravés ou des immoraux, mais ils ont parfois rêvé trop grand, étaient trop enthousiasmes. Personne ne divorce de gaieté de cœur, surtout quand il y a des enfants, et pour Christine Pedotti, l’Eglise ne prend pas en compte ces raisons. Elle déplore que l’Eglise ne soit pas capable de reconnaître la valeur et le courage de ces personnes qui malgré tout, reconstruisent une vie, et croient de nouveau en l’amour. 

Jean-Claude Bésida, journaliste responsable du service actualités de Famille Chrétienne, considère que l’Eglise accompagne ces divorcés. Il existe de nombreux accompagnements dans la pastorale, et ces personnes ne sont absolument pas exclues, mais cheminent à l’intérieur des sacrements. Il reconnait cependant qu’il y a une pastorale à développer autour de cette question.

L’accès à la communion trop fréquent en cause

Gérard Leclerc, journaliste et éditorialiste de France Catholique et de Radio Notre Dame, donne l’exemple de nombreuses personnes divorcées-remariées qui ne communient pas, mais ne cessent d’être en communion spirituelle. Ces personnes comprennent la discipline de l’Eglise et ne se considèrent pas du tout excommuniées. Le problème pour Gérard Leclerc est qu’il y a une trop grande habitude de l’eucharistie. On se retrouve alors décontenancé quand on s’en trouve exclu.

Afin de saisir la signification de l’eucharistie et de la communion spirituelle, Christine Pedotti a décidé d’entamer un jeûne eucharistique, d’un an. Elle souhaite ainsi accompagner ces hommes et ces femmes qui sont exclus de la table de communion et voir ce que ça fait, de ne pas vivre pleinement la communion.

Pour Jean-Baptiste Noé, ce problème de l’accès à la communion est inhérent au XXe siècle. On peut désormais communier de manière beaucoup plus fréquente, l’âge d’accès à la communion a été abaissé, et les règles de jeûne eucharistique ne sont plus comprises.

Les divorcés-remariés soulèvent des questions beaucoup plus vastes que l’accès à la communion. Le problème de la communion automatique et de la perte de sens de l’eucharistie sont donc soulevés par ces problématiques. Le synode aura encore une session, en 2015, pour y répondre.

Vous pouvez réécouter l’intégralité de l’émission  « Un synode pour rien ? » sur la page du Débat du Soir