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Véronique Fayet à la tête du Secours catholique : révolution ou continuité ?

Ancienne ajointe au maire de Bordeaux, proche d’ATD Quart Monde, Véronique Fayet devient la première femme élue à la présidence de l’un des piliers de l’action sociale en France. Elle succède à François Soulage.

Véronique Fayet sera le Grand Témoin de Louis Daufresne, le jeudi 3 juillet, à 7h30.

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La voilà donc à la tête de 62.000 bénévoles, 75 délégations, pour un budget de 148 millions d’euros, provenant pour moitié des dons et pour un quart des legs. Véronique Fayet ne s’attendait pas à être choisie par le Conseil d’administration du Secours catholique, avec l’aval des évêques de France. Il faut dire que l’ancienne élue centriste venait tout juste de quitter la vie politique, après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, souhaitant « prendre du recul pour des raisons familiales ». Bordelaise d’adoption, c’est d’abord dans l’est de la France qu’a commencé son engagement, à l’époque des premières élections européennes de 1979. « Le père Joseph Wresinski, fondateur d’ATD, avait demandé à quelques volontaires de constituer une liste », raconte-t-elle dans les pages de La Vie. Premiers tractages donc, avant son arrivée à Bordeaux où à ATD Quart Monde, elle travaille sur la question de la formation, des liens institutionnels et des relations extérieurs du mouvement. Car, cette mère de trois enfants et grand-mère de trois petits enfants, est avant tout « une militante associative » au service de la précarité et de l’exclusion. Véronique Fayet n’a jamais oublié sa rencontre « bouleversante » avec l’abbé Pierre, à l’âge de 12 ans, elle était alors élève chez les Ursulines de Strasbourg. Elle est aussitôt devenue chiffonnière d’Emmaüs. L’engagement politique est venue après : elle a ainsi été conseillère régionale d’Aquitaine, conseillère municipale, puis adjointe au maire, Alain Juppé, adjointe chargée des politiques de solidarité. En 2007, elle vote François Bayrou aux présidentielles de 2007. Véronique Fayet dit continuer « à croire à la constitution d’un vrai centre en France« . « Dire centre-droit ou centre-gauche, c’est un contre-sens », assure-t-elle.

« Les femmes ne sont pas à leur juste place dans l’Eglise »

Véronique Fayet est ancrée dans l’Eglise. Durant quatorze ans, avec son époux, elle a été membre des équipes Notre Dame. Depuis 2013, ils font partie des Communautés de vie chrétienne. Véronique Fayet porte une petite croix autour du cou mais dit « se méfier beaucoup des bannières, notamment dans la vie politique ». Cependant « le fait d’être chrétien n’est pas réservé à la sphère privée, c’est aussi être présent dans l’espace public », ajoute celle qui a manifesté, l’an dernier, contre la mariage pour tous.  Son mot d’ordre ? « Ne jamais parler se sa foi sans qu’on l’interpelle à ce sujet, mais vivre de telle sorte qu’on ait envie de lui poser des questions sur sa foi ». Un enracinement dans la prière et dans les sacrements donc pour Véronique Fayet, qui n’hésite pas à dire que l’Eglise devrait « un peu plus parler des pauvres et un peu moins de morale ». A cet égard, la nouvelle Présidente du Secours Catholique voit dans le pape François « un véritable allié ». Etant la première femme à la tête du Secours catholique, qui plus est venue de province, Véronique Fayet estime justement que « les femmes ne sont pas à leur juste place dans l’Eglise ». « Elles devraient être bien plus présentes dans les postes de décision », dit-elle dans son interview à La Vie, « il va falloir que ça bouge. J’aimerais tellement que l’Eglise ordonne des femmes diacres. Cela me semble être une urgence ». A son échelle, Véronique Fayet espère donc faire bouger les choses.

 Dans la continuité de Diaconia

Evoquant son prédécesseur, François Soulage, elle souligne l’impulsion qu’il a donné à l’association pour interpeller davantage les pouvoirs publics. Elle salue également la démarche Diaconia qui a accélérer l’association avec les plus pauvres. Car c’est bien là le sens des priorités pour la nouvelle présidente du Secours catholique : poursuivre la dynamique créée par Diaconia et associer encore davantage tous les bénéficiaires et toutes les personnes qui vivent dans la pauvreté, « afin qu’elles puissent formuler des propositions, notamment sur la question du logement ». Enfin, Véronique Fayet insiste largement sur le sens du bénévolat, c’est d’ailleurs aux bénévoles qu’elle souhaite avant tout s’adresser : « Ce qui me semble faire signe dans le bénévolat aujourd’hui c’est d’abord la gratuité de l’échange. la gratuité est une question pour le monde où tout se monnaie et se paie au prix fort ». Et elle conclut : « le bénévole est aux avant-postes. Là où les institutions ont du mal à masquer leur impuissance, on les voit prendre la relève ».

Sources : La Vie, Aleteia

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