le direct Musique sacrée

Notre société est-elle préparée à la vieillesse ?

Port du château (Brest) : personnes âgées sur la digue du port

Jeudi 11 septembre dernier, Alexandre Meyer recevait  dans Le Débat du Soir, Pascal Champvert, président de l’AD-PA et auteur de « Prendre soin de nos aînés, c’est déjà prendre soin de nous” (Carnet Nord, 2011), pour répondre à cette question.

En 2000, les plus de 65 ans étaient 9,5 millions en France, et ils seront près de 18,2 millions en 2050. La vieillesse de la population est donc un problème qui se pose de manière pressante en France. Mais Pascal Champvert nous explique que le problème avec les personnes âgées est avant tout lié à l’idée du vieillissement :

Mais bien plus qu’un problème de considération, c’est aussi un problème de discrimination. Pour Pascal Champvert, l’agisme est une forme de discrimination, tout comme le sont le racisme, l’homophobie ou l’antisémitisme. Mais les propos discriminants tenus à l’égard des seniors sont plus difficile à repérer. Qui penserait que dire à quelqu’un qu’on est heureux de travailler avec lui parce qu’il est jeune est une discrimination ?

Cependant, l’auteur appelle à ne pas dévaloriser les jeunes par rapport aux personnes âgées, et vice-versa. Il recommande de valoriser chaque personne dans une société et d’accepter les avantages de l’âge :

Depuis le 9 septembre dernier, le projet de loi relatif à l’adaptation de la société est débattue à l’Assemblée Nationale. Si la loi ne va pas aussi loin qu’on pouvait l’espérer dans les avancées en faveur des seniors, Pascal Champvert reconnait que la loi met le doigt sur un vrai problème : la société doit s’adapter à la vieillesse.

Cette loi permet notamment quelques avancées sur la question du maintien à domicile. Pascal Champvert reconnait dans cette loi l’existence de la liberté de choix de choisir ou non de rester à domicile, quand les difficultés de santé s’accroissent.

Mais il met en avant la question du domicile en lui-même : beaucoup de personne souhaite rester dans un domicile, c’est-à-dire ne pas avoir à partager une chambre dans une maison de retraite et garder leur autonomie. La solution à ce problème de domicile est, non pas de faire en sorte que chaque personne âgée puisse vivre dans son domicile historique, mais que chaque établissement devienne un domicile.

La France ne semble donc pas préparée à la vieillesse de sa population. Pascal Champvert appelle chaque individu de la société à prendre conscience de cette question du vieillissement et à accepter que, de toute manière, l’avancée en âge est inéluctable.

L’émission est à réécouter en entier ici.

Pascal CHAMPVERT, Prendre soin de nos aînés, c’est déjà prendre soin de nous, Carnet Nord Presse, 2011.