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Jérôme Lejeune : "Une catéchèse de la vie"

Le 3 avril 1994, le professeur Jérôme Lejeune, découvreur de la trisomie 21, mourait d’un cancer des poumons. 20 ans après, son procès en béatification se poursuit à Rome. Quel sens donner à l’héritage spirituel et scientifique du fondateur de la génétique moderne, grand défenseur de la vie ?

jérôme Lejeune

C’est un jour de Pâques que Jérôme Lejeune a été rappelé au Ciel, il y a déjà vingt ans. A l’époque, il menait un combat contre l’avortement, « combat qu’on ne lui a jamais pardonné », explique Jean-Marie Le Méné, son gendre, qui a repris le flambeau à la tête de la Fondation Lejeune. « A la fin de sa vie, il avait tout perdu, il avait des difficultés à travailler, il n’était plus invité aux congrès, pressenti pour le Nobel, il  n’a jamais reçu le prix ». Le fondateur de la génétique moderne était pourtant « un visionnaire », souligne Jean-Marie Le Méné. Un visionnaire dans le domaine des « applications techniques sur le monde du vivant » : « Chez lui, la sagesse primait, il s’agissait de mettre les techniques au service du vivant ». Le Professeur Lejeune était aussi un visionnaire concernant les trisomiques : « Il répétait souvent, ou bien nous les guérirons de leur innocence, ou bien ce sera le massacre des innocents ». Et Jean-Marie le Méné de rappeler combien le message incarné par le professeur Lejeune prend sens dans un monde où « l’être humain n’est plus qu’un maillon du vivant que l’on peut déconstruire librement ». « Les valeurs de l’humanisme ont aujourd’hui disparu », répète le Président de la Fondation Lejeune, « la vie n’est plus un bien, pour Jérôme Lejeune, le vie était un bien ».

Un procès en béatification en bonne voie

jean marie le mene 3

Cela fait maintenant un an et demi qu’Aude Dugast s’est installée à Rome en tant que postulatrice pour la cause en béatification du Professeur Lejeune. Un procès qui a été lancé, le 28 juin 2007, à la demande du Cardinal André Vingt-Trois. Une messe en mémoire de Jérôme Lejeune sera d’ailleurs célébrée par l’archevêque de Paris, ce samedi 5 avril, à 10h30, en la cathédrale Notre-Dame. « Cela fait maintenant deux ans que le procès a commencé, à Rome, je suis au coeur de l’Eglise, je prends conscience de la dimension de la mission qui est la mienne : présenter un modèle de sainteté pouvant aider les chrétiens du monde entier », explique Aude Dugast, et elle ajoute : « La Congrégation pour la Cause des Saints a étudié les 30 000 pages préalables, le décret de validité juridique a été approuvé il y a un mois, c’est une étape très importante ». Reste maintenant à Aude Dugast et à la Congrégation à rédiger une synthèse présentant les vertus héroïques de Jérôme Lejeune. mais la postulatrice distingue déjà plusieurs aspects frappants chez l’homme et le scientifique. « Il avait un amour inconditionnel pour ses patients, ceux qu’il appelait les pauvres parmi les pauvres, il était attaché à la valeur incomparable de toute vie humaine ». Un constat que fait également Jean-Marie Le Méné : « Il recevait tous ses patients, et aujourd’hui la Fondation poursuit son oeuvre, avec l’hôpital Necker, nous avons pas moins de 3000 consultations par an ». Autre aspect souligné par Aude Dugast : « Pour Jérôme Lejeune, le devoir du médecin était  de ne pas nuire au patient mais de chercher à le guérir, une forme de charité devenue héroïque ». Enfin, dernier trait marquant : « Le professeur Lejeune était un témoin de l’unité entre la foi et la science », explique Aude Dugast, « les deux se complétant et se faisant grandir mutuellement ». Ce qui rappelle à Jean-Marie Le Méné, une parole que le professeur Lejeune répétait souvent : « Comment pourrait-il y avoir une contradiction entre le vrai et le vérifié, c’est toujours le second qui tarde ». En attendant donc, le procès en béatification se poursuit. La postulatrice invite chaque chrétien à prier pour qu’il y ait « beaucoup de miracles ».

me, je suis au coeur de l’Eglise, je prends conscience de la dimension de la mission qui est la mienne : présenter un modèle de sainteté pouvant aider les chrétiens du monde entier », explique Aude Dugast, et elle ajoute : « La Congrégation pour la Cause des Saints a étudié les 30 000 pages préalables, le décret de validité juridique a été approuvé il y a un mois, c’est une étape très importante ». Reste maintenant à Aude Dugast et à la Congrégation à rédiger une synthèse présentant les vertus héroïques de Jérôme Lejeune. mais la postulatrice distingue déjà plusieurs aspects frappants chez l’homme et le scientifique. « Il avait un amour inconditionnel pour ses patients, ceux qu’il appelait les pauvres parmi les pauvres, il était attaché à la valeur incomparable de toute vie humaine ». Un constat que fait également Jean-Marie Le Méné : « Il recevait tous ses patients, et aujourd’hui la Fondation poursuit son oeuvre, avec l’hôpital Necker, nous avons pas moins de 3000 consultations par an ». Autre aspect souligné par Aude Dugast : « Pour Jérôme Lejeune, le devoir du médecin était  de ne pas nuire au patient mais de chercher à le guérir, une forme de charité devenue héroïque ». Enfin, dernier trait marquant : « Le professeur Lejeune était un témoin de l’unité entre la foi et la science », explique Aude Dugast, « les deux se complétant et se faisant grandir mutuellement ». Ce qui rappelle à Jean-Marie Le Méné, une parole que le professeur Lejeune répétait souvent : « Comment pourrait-il y avoir une contradiction entre le vrai et le vérifié, c’est toujours le second qui tarde ». En attendant donc, le procès en béatification se poursuit. La postulatrice invite chaque chrétien à prier pour qu’il y ait « beaucoup de miracles ».

Jean-Paul II et Jérôme Lejeune : deux grands porteurs de vie

Evoquant le colloque sur le professeur Lejeune qui aura lieu ce mardi 8 avril à 20h00 au Collège des Bernardins, Jean-Marie Le Méné se dit fier d’être parvenu à « passer le flambeau à la génération suivante ». « Nous avons réussi à ré-intéresser la communauté scientifique au diagnostic de la Trisomie 21 et des essais cliniques sont en cours pour pouvoir la guérir, c’est un pari qui sera gagné dans les années à venir ». Jean-Marie Le Méné est également heureux de constater que, dès sa mort, Jérôme Lejeune a eu une « réputation de sainteté ». A l’image de Jean-Paul II. « Le pape polonais et le scientifique sont deux grands porteurs de vie indissociables », souligne le Président de la Fondation Lejeune, « le premier a vécu une catéchèse de la mort en public et le second une catéchèse de la vie ».

Source : Réécouter Réécouter Ecclesia Magazine présentée par Elodie Chapelle avec Jean-Marie Le Méné et Aude Dugast