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Le jeûne : une nouvelle thérapie ?

Et si le jeûne permettait de guérir certaines pathologies ? C’est la question posée au Docteur Jean-Pierre Willem, spécialiste des médecines naturelles. Entre bienfaits et dangers : de l’art de bien jeûner.

Le Docteur Jean-Pierre Willem, médecin explorateur, chirurgien, anthropologue, spécialiste des médecines naturelles, fondateur des Médecins aux pieds nus, vient de publier « Le Jeûne – une méthode naturelle de santé et de longévité » aux éditions Guy Trédaniel. En plein coeur du Ramadan, période d’abstention pour les musulmans, du lever au coucher du soleil, il était ce vendredi 11 juillet, l’invité de Louis Daufresne sur Radio Notre Dame, pour évoquer les vertus du jeûne. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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« Quand les animaux sont malades, ils arrêtent de manger », a expliqué le Dr Willem, « les enfants, c’est pareil, lorsqu’ils sont malades, ils arrêtent naturellement de manger. Il y a un code génétique dans l’organisme qui vous indique que jeûner c’est bon ».  Nous sommes aujourd’hui dans une société de consommation, même de sur-consommation : « Nous sommes gavés », constate le médecin, « cela nous tue ». Le jeûne serait donc un médicament naturel, un moyen simple et peu coûteux de garder la santé. Ce qui n’est évidemment pas pour plaire aux industries pharmaceutiques, souligne le Dr Willem.

 

Des vertus du jeûne accompagné

Est-il bon de la rappeler, il est nécessaire d’être suivi médicalement lorsque l’on souhaite faire un jeûne. « Jeûner présente un risque », il faut bien en connaître les phases et les mécanismes. Autre élément important : « le mental est primordial ». Il existe « différents types de jeûne », rappelle le Dr Jean-Pierre Willem : « le jeûne absolu » consiste à ne boire que de « l’eau peu minéralisée » pendant 40 jours.willem jeûne

Que se passe-t-il dans le corps lorsque l’on suit un jeune ? « En 24 heures, on épuise le glucose nécessaire », explique le médecin, « dès le 2ème jour, on commence à puiser dans le protéines, nos muscles, avant de basculer sur les lipides (acidocétose ou régime cétogène avec crise de nausées et migraines) ». C’est à ce moment-là que toutes les pathologies ressortent : « il y a une bagarre métabolique qui s’enclenche dès le 3ème jour », ajoute le Dr Willem.  Au bout du 7ème et 8ème jour : « tout va s’améliorer, la sérotonine (hormone du plaisir et du bonheur) monte », explique-t-il, « mais à un moment donné, il faut stopper le jeûne… On le sait dès que la faim revient, c’est un signal. Cela dépend des réserves de chacun. Là, on n’a plus de graisses. Il faut arrêter et se réalimenter très progressivement, très doucement avec des légumes, des bouillons, des fruits. Surtout pas de viande ni de pain tout de suite ».

Le jeûne de 40 jours offrent donc des vertu,  si l’on peut le suivre jusqu’au bout, « mais un jeûne de 10-12 jours, c’est déjà bien », affirme le médecin, « en parallèle, il faut faire un peu de sport pour éliminer toutes les toxines. Pas de sport intensif. La marche est l’idéal ».

Les bienfaits du jeûne ont été homologués en Russie par deux médecins généraux de l’Armée. « En France, la Miviludes estime que cette pratique relève de la désignation de secte ». Attention, insiste le Dr Willem, le jeûne n’est « pas bon pour toutes les maladies ». C’est le cas pour la dépression, « cela dépend si elle est endogène ou réactionnelle », dit-il. C’est le cas aussi pour l’anorexie, « une montagne russe au niveau métabolique, il n’existe pas de travaux à ce niveau, ni au niveau de l’obésité ». En revanche, le jeûne s’avère « bon pour les migraineux et les pathologies rhumatismales ». Il a également montré quelques résultats positifs, en Allemagne, sur des pathologies neurologiques  comme la SEP (Sclérose en Plaques), la maladie d’Alzheimer et la schizophrénie.

Reportage d’Arte : « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? »