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Notre placard, souvent rempli de produits issus de l’esclavage

Le Saint Siège qui veut lutter contre les formes modernes de l’esclavage a bien du travail… Un rapport vient de dénombrer 36 millions de personnes réduites en esclavage. Nos placards sont souvent remplis de produits issus de ces travaux forcés.

L’ONG Walk Free a publié lundi 17 novembre un rapport alarmant… 35.8 millions de personnes sont réduites en esclavage à travers le monde. Le terme « esclavage » sous- entend le trafic humain ainsi que le travail forcé et sous payé. L’ONU a estimé à 150 millions de dollars les bénéfices annuels tirés des exploitations d’adultes et d’enfants. Des chiffres qui nous concernent directement, puisque la plupart des produits issus de l’esclavage se retrouvent directement dans nos placards.

Des produits du quotidien

Francetv Info a recensé cinq produits directement importés de centres d’exploitations.

1) Nos plaquettes de chocolat sont issues des exploitations de Cacao en Côte d’Ivoire. Le pays produit à lui seul 40% du cacao mondiale, grâce à ses forêts, mais surtout à ses nombreux trafics humains, notamment d’enfants. Ils seraient plus de 100 000 enfants à être amenés des pays frontaliers à la Côte d’Ivoire, pour récolter les fèves de cacao. De grandes boîtes européennes ou américaines comme Nestlé ou Kraft sont commanditaires de ce cacao.

2) Les crevettes dans nos salades sont issues des exploitations thaïlandaises. Sur les bateaux qui les pêchent ou encore dans les usines de décorticage, les travailleurs ne sont pas payés et subissent de nombreux sévices sexuels, psychologiques et physiques. On leur confisque leurs papiers d’identités afin d’exercer une pression sur eux. La Thaïlande est le premier pays exportateur de crevettes, avec 500 tonnes par an. De nombreuses boîtes européennes en sont commanditaires, comme Carrefour.

3) Les composants de nos téléphones portables sont issus des exploitations congolaises. Le tantale est un métal rare qui permet à notre téléphone de sauvegarder ses données avant qu’il ne s’éteigne. Ce composant est importé à 80% des réserves du Congo. Selon Walk of Free, les gisement de tantale sont principalement contrôlés par des groupes rebelles, notamment dans les régions en guerre. Ces groupes exploitent adultes comme enfants dans des terrains dangereux, sujets aux éboulements, qui causent en moyenne cinq morts par mois, ensevelis vivants. Cash Investigation a fait un reportage remarquable sur cette forme d’esclavage.

esclavage portables Ci-contre, un travailleur congolais dans une mine de tantale.

4) Nos écouteurs, et composants de lave-linge sont issus des prisons chinoises. En Chine, des prisonniers enfermés sans procédure judiciaire régulière travaillent dans des manufactures. Le gouvernement ne nie pas ces exploitations de prisonniers mais il garde secret la liste des commanditaires des composants électroniques. Les détenus travaillent 70 heures par semaine et sont payés 1 euro par jour. S’ils travaillent mal, ils sont punis physiquement à coup de taser.

5) Les diamants de nos bijoux sont issus des mines d’Angola. Les mineurs souvent clandestins sont battus par les vigiles de compagnie de diamants. Ils sont déshabillés, fouettés, frappés à coups de pelle et sont forcés à danser nus pour les humilier. La société belge Oméga Diamonds ainsi que la société anglaise Ascorp seraient les employeurs de ces vigiles.

La lutte contre l’esclavage, priorité du Vatican

Le Saint-Père veut que le Vatican s’implique concrètement dans la lutte contre l’esclavage. Le 1er janvier 2015, une journée mondiale de la paix sera organisée, et aura justement pour thème la lutte contre les formes modernes d’esclavage. Une réunion de quatre jours s’ensuivra visant à trouver des solutions concrètes pour limiter le plus possible les trafics humains. Le pape François n’a de cesse de dénoncer la « mondialisation de l’indifférence » ; il connaît directement ces questions d’esclavage « depuis l’époque où il était cardinal de Buenos Aires« , a confié Mgr Sanchez Sorondo. Les Académies pontificales des sciences humaines se sont déjà réunies au printemps dernier pour établir une liste de cinquante propositions luttant contre les formes d’esclavages qui touchent 75% de femmes et d’enfants. Les enfants dealer prisonniers de réseaux, le trafic d’organes ainsi que la coopération, « parfois inconsciente », selon Mgr Sorondo, des multinationales et des gouvernements, sont particulièrement au centre de l’attention du Vatican. « Souvent, l’on croit que l’esclavage est un fait du passé. Mais en réalité ce fléau social est très présent », a publié le Saint Siège dans un communiqué. Une collaboration a été mise en place entre le Vatican et les polices du monde entier pour lutter concrètement contre cette « plaie du XXIème siècle » selon les mots du pape François.

 

Sources : Francetv Info, L’Obs, Le Figaro, Radio Notre Dame