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Pédophilie : le Vatican sous le feu de l’ONU

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A l’ONU, le Saint Siège dévoile les chiffres de la lutte de l’Église contre les abus sexuels sur mineurs perpétrés en son sein.

Depuis 2003, Mgr Silvano Tomasi est observateur permanent du Saint Siège auprès de l’ONU. C’est lui qui été en charge de dresser la liste des réactions de l’Église aux actes pédophiles devant le comité onusien contre la torture mardi 6 mai à Genève.

En sa qualité de signataire de la convention de l’ONU contre la torture de 1984, qu’il a ratifiée en 2002, le Vatican est soumis à cette audition en vertu de la procédure ordinaire. A différentes échéances, les 155 pays adhérents sont sollicités et évalués afin de s’assurer du respect de la convention. Lors de cette audience, Mgr Silvano Tomasi a répondu aux questions de dix experts indépendants mardi matin.

L’Église fournit des chiffres

Selon les données chiffrées évoquées, 848 prêtres ont été réduits à l’état laïc entre 2004 et 2013, a rappelé l’archevêque, qui a  détaillé ces effectifs par année. Dans cette même période, 2.572 prêtres ont été sanctionnés par l’Église par des mesures canoniques ou disciplinaires moins drastiques, telle que l’imposition d’une vie de prière et de pénitence. Ce sont au total 3.420 cas  jugés « crédibles » qui ont été signalés à la Congrégation pour la doctrine de la foi.

L’observateur du Saint Siège près de l’ONU a également évoqué les initiatives prises par l’Église en faveur des victimes, comme aux États-Unis où les diocèses et ordres religieux ont versé 2,5 millions d’euros pour indemniser les victimes d’abus sexuels depuis 1950. De son côté le père Lombardi – porte-parole du Saint Siège – a jugé blessante l’insistance de l’ONU à l’égard de l’Église qui s’est illustré par sa volonté d’éradiquer efficacement ce fléau. Les chiffres cités lors de l’audience figurent parmi les données les plus détaillées obtenues à ce jour, ce dont le comité d’experts s’est réjoui. Cette démarche de transparence s’inscrit dans une dynamique prégnante de l’institution millénaire, celle de lutter sans relâche et de l’intérieur pour la protection des mineurs.

De manière générale, l’Église est consciente d’être « l’une des voix morales les plus efficaces dans le monde des droits de l’homme, y compris contre la torture », car le « message du Saint Siège, disséminé dans les principales langues, atteint un public véritablement international ». Certes « la voix morale du Saint Siège atteint les catholiques et les personnes de bonne volonté du Monde entier », en revanche celui-ci « n’a pas compétence sur chaque membre de l’Église catholique », a rappelé Mgr Tomasi.

Pas d’exception dans la lutte contre la torture : l’Église dénonce l’avortement

Mary Collins, qui est membre de la Commission pour la protection des mineurs créée cette année par le Saint Père, a jugé opportun d’inclure les abus sexuels sur mineurs dans le cadre de la lutte contre la torture. Elle-même a été victime d’actes pédophiles. A celle de la pédophilie comme acte de torture, Mgr Tomasi a ajouté la dénonciation de l’avortement. Un sujet sur lequel l’Église avait été accusée de « violer la liberté d’opinion et de foi », un grief auquel l’archevêque a répondu que si « le Saint Siège condamne la torture y compris celle infligée à ceux qui sont torturés ou tués avant de naître », il n’oblige pas à respecter ces convictions.

Le pape François aura très certainement l’occasion de poursuivre le dialogue sur ce sujet, puisqu’il recevra au Vatican le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon le 9 mai prochain.

Sources : Zenit, Aleteia

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